(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Nos œufs de Pâques seront-ils bien­tôt dis­si­mulés par des lapins fluo­re­s­cents ? C’est en tout cas l’ambition de la start-up amé­ri­cai­ne Los Ange­les Pro­ject, qui sou­hai­te révo­lu­ti­on­ner le mon­de des ani­maux de com­pa­gnie grâ­ce aux outils du génie géné­tique. Par­mi ses créa­ti­ons en déve­lo­p­pe­ment : des lapins géné­ti­quement modi­fi­és pour bril­ler dans l’obscurité.

Ce con­cept n’est pas tota­le­ment nou­veau. Aux États-Unis, des pois­sons fluo­re­s­cents — les Glo­Fi­sh — sont déjà com­mer­cia­li­sés depuis plu­sieurs années. Tou­te­fois, d’aut­res espè­ces trans­gé­ni­ques com­me les chats, chiens ou lapins n’ont jus­qu’à pré­sent été cré­ées que dans un cad­re sci­en­ti­fi­que, sans fina­li­té com­mer­cia­le. Le Los Ange­les Pro­ject entend chan­ger la don­ne en pro­po­sant des ani­maux dome­sti­ques qu’elle décrit com­me « plus com­ple­xes, plus fascinants, plus esthé­ti­ques et uni­ques ».

Au cœur de cet­te tech­no­lo­gie se trouve la GFP (Green Fluo­re­s­cent Pro­te­in), une pro­téi­ne fluo­re­s­cen­te ver­te issue de la médu­se Aequo­rea vic­to­ria. Cou­ram­ment uti­li­sée com­me mar­queur dans la recher­che géné­tique, cet­te pro­téi­ne est insé­rée dans le géno­me des ani­maux pour leur con­fé­rer une bio­lu­mi­ne­s­cence visi­ble à l’œil nu.

De la sci­ence à l’ani­ma­le­rie ?

Les mani­pu­la­ti­ons géné­ti­ques visa­nt à fai­re bril­ler des ani­maux ne sont pas nou­vel­les. Elles ont déjà per­mis de cré­er, à des fins de recher­che, des sin­ges, des chiens, des chats et des lapins fluo­re­s­cents. Tou­te­fois, ces expé­ri­en­ces restaient con­fi­nées aux labo­ra­toires. La nou­veau­té ici rési­de dans l’objectif affi­ché de com­mer­cia­li­sa­ti­on.

L’une des figu­res der­riè­re le pro­jet, Josiah Zay­ner (sou­vent média­ti­sée pour ses expé­ri­en­ces de bio­hack­ing, dont l’injection en direct du système CRISPR/Cas9 sur lui-même), insi­ste sur l’importance accor­dée au bien-être ani­mal. Selon l’entreprise, aucun ani­mal n’a été sacri­fié pour les beso­ins des expé­ri­en­ces. L’équipe, com­po­sée de cinq per­son­nes, tra­vail­le notam­ment sur des embry­ons de gre­nouilles, de pois­sons, de ham­sters et de lapins, en uti­li­sant CRISPR/Cas ain­si qu’u­ne métho­de moins con­nue : l’intégration médiée par enzy­mes de rest­ric­tion, per­met­tant la sup­pres­si­on ou l’insertion de gènes à un sta­de pré­co­ce du déve­lo­p­pe­ment.

Des ambi­ti­ons qui vont au-delà du lapin

Les pro­jets de la start-up ne s’arrêtent pas aux lapins fluo­re­s­cents. Elle envi­sa­ge éga­le­ment de cré­er des chats et chiens hypo­al­ler­gé­ni­ques, voi­re, à plus long ter­me, des licor­nes et des dra­gons. La créa­ti­on d’une licor­ne pas­se­rait, selon eux, par le trans­fert des gènes respons­ables de la “cor­ne” du nar­val vers un équi­dé. Ces ambi­ti­ons, bien que rele­vant enco­re du domaine de la sci­ence-fic­tion, tra­dui­sent l’évolution rapi­de du génie géné­tique vers des appli­ca­ti­ons de plus en plus auda­cieu­ses.

Des ris­ques éthi­ques et éco­lo­gi­ques

Cet­te initia­ti­ve soulè­ve cepen­dant de nombreu­ses que­sti­ons, tant sur le plan éthi­que qu’environnemental. La trans­for­ma­ti­on d’animaux en objets de diver­tis­se­ment modi­fi­a­bles à volon­té inter­ro­ge pro­fon­dé­ment not­re rap­port au vivant. Même si les respons­ables affir­ment respec­ter le bien-être ani­mal, les tech­ni­ques employées, com­me le clo­na­ge et la modi­fi­ca­ti­on embry­on­n­aire, sont lour­des de con­sé­quen­ces : fai­bles taux de réus­si­te, souf­fran­ces poten­ti­el­les, trou­bles du com­porte­ment…

Par ail­leurs, l’exemple des Glo­Fi­sh, qui se sont éch­ap­pés dans les eaux bré­si­li­en­nes et men­acent désor­mais les éco­sy­stè­mes locaux en devenant poten­ti­el­le­ment inva­sifs, démont­re les ris­ques d’introduction incon­trôlée d’espèces géné­ti­quement modi­fi­ées. Le Los Ange­les Pro­ject affir­me que ses lapins seront sté­ri­les, mais l’inquiétude demeu­re quant aux con­sé­quen­ces à long ter­me.

La Food and Drug Admi­ni­stra­ti­on (FDA) amé­ri­cai­ne n’a pas enco­re tran­ché sur la mise sur le mar­ché de ces ani­maux. À tit­re de com­pa­rai­son, les Glo­Fi­sh avai­ent été auto­ri­sés dès 2003, sans cad­re régle­men­tai­re strict, une décis­i­on dont les effets néga­tifs se font aujourd’hui res­sen­tir.

Une sci­ence qui fasci­ne, mais qui inter­ro­ge

Le pro­jet de rend­re les lapins fluo­re­s­cents acces­si­bles au grand public cri­stal­li­se les débats autour des nou­vel­les fron­tiè­res du génie géné­tique. Il met en lumiè­re à la fois les pos­si­bi­li­tés spec­ta­cu­lai­res offer­tes par les bio­tech­no­lo­gies moder­nes, et les que­sti­ons fon­da­men­ta­les que pose leur appli­ca­ti­on dans le domaine du vivant.

Pour en savoir plus sur les enjeux du génie géné­tique appli­qué aux ani­maux, con­sul­tez not­re dos­sier :
« L’essor de l’é­di­ti­on du géno­me – le génie géné­tique chez les ani­maux »

 

Source

https://www.wired.com/story/your-next-pet-could-be-a-glowing-rabbit-los-angeles-project-gene-editing-crispr/

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