(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Xénotransplantation : nouvelles possibilités, nouvelles questions éthiques

Le débat spé­cia­li­sé sur les nou­veaux déve­lo­p­pe­ments en matiè­re de xéno­trans­plan­ta­ti­on est actu­el­le­ment domi­né par les oppor­tu­ni­tés et les ris­ques méd­ico-tech­ni­ques. Les que­sti­ons d’é­thi­que humaine et, plus enco­re, d’é­thi­que ani­ma­le restent en arriè­re-plan. Un nou­veau rap­port de la Com­mis­si­on fédé­ra­le d’é­thi­que pour la bio­tech­no­lo­gie dans le domaine non humain (CENH), qui con­seil­le les auto­ri­tés sur les que­sti­ons éthi­ques liées à la bio­tech­no­lo­gie et au génie géné­tique dans le domaine non humain, vise à fai­re la lumiè­re sur les aspects éthi­ques de la xéno­trans­plan­ta­ti­on chez les ani­maux.

Il exi­ste une pénurie d’or­ga­nes humains dans le mon­de entier. En Suis­se, près de 1500 per­son­nes étai­ent en atten­te d’u­ne trans­plan­ta­ti­on d’or­ga­ne en 2022. 570 per­son­nes ont reçu un orga­ne pro­venant d’un aut­re être humain et 83 per­son­nes sont décé­dées pen­dant qu’el­les atten­dai­ent une trans­plan­ta­ti­on. Afin de remé­dier à la pénurie d’or­ga­nes, dif­fé­ren­tes alter­na­ti­ves à l’al­lo­trans­plan­ta­ti­onqui con­si­ste à uti­li­ser un orga­ne humain pro­venant d’un don­neursont à l’é­tu­de. D’u­ne part, on ten­te d’é­vi­ter les lési­ons orga­ni­ques gra­ves par la pré­ven­ti­on, le dépis­ta­ge pré­co­ce et le déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les thé­ra­pies. D’aut­re part, on tra­vail­le sur la régé­né­ra­ti­on des orga­nes, l’au­to­trans­plan­ta­ti­on (trans­fert de cel­lu­les et de tis­sus où le don­neur est iden­tique au rece­veur) et l’as­si­stance méca­ni­que tem­po­rai­re afin de pré­ser­ver l’or­ga­ne pro­pre du pati­ent et d’a­mé­lio­rer son fonc­tion­ne­ment. Afin de rem­pla­cer com­plè­te­ment les orga­nes défail­lants, des travaux sont éga­le­ment menés sur les orga­noï­des (struc­tures cel­lu­lai­res de type orga­ni­que cul­ti­vées en labo­ra­toire) et les orga­nes bio­ar­ti­fi­ci­els (struc­tures tis­su­lai­res com­po­sées d’é­lé­ments cel­lu­lai­res et tech­ni­ques), dans le but de rem­pla­cer un jour par­ti­el­le­ment ou tota­le­ment la fonc­tion des orga­nes. De plus en plus de recher­ches sont menées sur la maniè­re dont les orga­nes, tis­sus et cel­lu­les ani­maux peu­vent être uti­li­sés pour la trans­plan­ta­ti­on chez l’hom­me.

Des inter­ven­ti­ons géné­ti­ques sont néces­saires

Une trans­plan­ta­ti­on d’or­ga­nes dépas­sant les limi­tes de l’e­spè­ce est appelée xéno­trans­plan­ta­ti­on ou trans­plan­ta­ti­on xéno­gé­ni­que. Une con­di­ti­on pré­alable importan­te à la xéno­trans­plan­ta­ti­on est que les ani­maux puis­sent être géné­ti­quement modi­fi­és de maniè­re à ce que leurs orga­nes puis­sent être trans­plan­tés chez l’hom­me sans com­pli­ca­ti­ons. Pour ce fai­re, les ani­maux sont d’u­ne part géné­ti­quement modi­fi­és afin d’ad­ap­ter leurs orga­nes sur le plan phy­sio­lo­gi­que, de sor­te qu’ils puis­sent rem­plir leur fonc­tion chez l’êt­re humain. D’aut­re part, ils sont géné­ti­quement modi­fi­és afin de sur­mon­ter les réac­tions de rejet immu­no­lo­gi­que chez le rece­veur de l’or­ga­ne et de rédui­re les ris­ques d’in­fec­tion.

Les nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique NGT ont don­né un nou­vel élan au déve­lo­p­pe­ment de la xéno­trans­plan­ta­ti­on en très peu de temps. En Suis­se éga­le­ment, plu­sieurs sites mènent des recher­ches sur dif­fér­ents aspects de la xéno­trans­plan­ta­ti­on. La xéno­trans­plan­ta­ti­on est en prin­ci­pe pos­si­ble dans not­re pays. Pour des rai­sons médi­cal­es, les porcs se sont révé­lés par­ti­cu­liè­re­ment adap­tés à la xéno­trans­plan­ta­ti­on. Leurs orga­nes et leur méta­bo­lis­me sont simi­lai­res à ceux des humains et, grâ­ce aux nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques, ils peu­vent être adap­tés phy­sio­lo­gi­quement à l’êt­re humain. Mais pour des rai­sons éco­no­mi­ques éga­le­ment, les porcs sont aujour­d’hui au cent­re de l’at­ten­ti­on en tant que « sources d’or­ga­nes » pour la xéno­trans­plan­ta­ti­on.

Les aspects éthi­ques liés aux ani­maux trop peu pris en comp­te

La trans­plan­ta­ti­on d’or­ga­nes est géné­ra­le­ment asso­ciée à la que­sti­on du don d’or­ga­nes. Le ter­me « don » dési­gne en prin­ci­pe un acte volon­tai­re, écrit la CENH. Mais qua­li­fier les ani­maux d’é­le­va­ge xéno­gè­nes d’« ani­maux don­neurs » est trom­peur, car con­trai­re­ment aux êtres humains, qui don­nent pré­ala­blem­ent leur con­sen­te­ment au don d’or­ga­nes, les ani­maux ne peu­vent pas don­ner leur accord. Le fait que ces ani­maux soi­ent géné­ti­quement modi­fi­és, éle­vés, déte­nus et tués uni­quement à des fins de xéno­trans­plan­ta­ti­on est éga­le­ment occul­té par ce choix ter­mi­no­lo­gi­que.

Grâ­ce aux nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique, il a été pos­si­ble d’é­li­mi­ner d’aut­res déclen­cheurs de réac­tions immu­ni­taires chez les ani­maux géné­ti­quement modi­fi­és à plu­sieurs repri­ses et de mieux adap­ter les xénog­ref­fes aux rece­ve­urs d’or­ga­nes. Une aut­re étape importan­te a con­si­s­té à uti­li­ser ces tech­ni­ques de génie géné­tique pour éli­mi­ner du géno­me du porc les virus endo­gè­nes qui peu­vent être dan­ge­reux pour les pati­ents immu­n­o­dé­pri­més.

Pre­miè­re trans­plan­ta­ti­on car­diaque por­ci­ne — 2022, États-Unis. Image : Shut­ter­stock

Bien­tôt les pre­miè­res xéno­trans­plan­ta­ti­ons en Euro­pe ?

En 2022, une équi­pe de méde­cins aux États-Unis a implan­té pour la pre­miè­re fois au mon­de un cœur de porc chez un être humain. Plu­sieurs gènes avai­ent été désac­ti­vés chez l’ani­mal don­neur géné­ti­quement modi­fié et six gènes humains avai­ent été insé­rés afin d’ad­ap­ter immu­no­lo­gi­quement le cœur de porc au corps du rece­veur. Le cœur n’a pas été reje­té, la trans­plan­ta­ti­on sem­blait réus­sie. Mais le pati­ent n’a jamais pu quit­ter l’hô­pi­tal. Il est décé­dé deux mois plus tard. La trans­plan­ta­ti­on xéno­gé­ni­que a néan­mo­ins été con­sidé­rée com­me un suc­cès et fait depuis l’ob­jet de recher­ches inten­si­ves. Dès l’é­té 2023, d’aut­res essais de trans­plan­ta­ti­on de cœurs de porcs ont été réa­li­sés sur des per­son­nes en état de mort céré­bra­le et, dès sep­tembre 2023, la même équi­pe de recher­che a implan­té un cœur de porc xéno­gé­ni­que à un pati­ent de 58 ans. Au bout d’un mois, il respi­rait de maniè­re auto­no­me et la gref­fe car­diaque fonc­tion­nait, mais peu après, des réac­tions de rejet se sont déve­lo­p­pées et l’hom­me est décé­dé.

Les experts pré­voi­ent la pre­miè­re xéno­trans­plan­ta­ti­on d’un cœur de porc en Euro­pe d’i­ci fin 2025 au plus tard. Il y a huit ans déjà, des chir­ur­gi­ens car­dia­ques et des vété­ri­n­aires de Munich avai­ent com­men­cé des essais sur des babouins et avai­ent ent­re-temps réa­li­sé avec suc­cès diver­ses trans­plan­ta­ti­ons d’or­ga­nes de porcs à des pri­ma­tes. Avant d’ap­pli­quer cet­te pro­cé­du­re à l’hom­me, les cher­cheurs ont décla­ré vou­loir démon­trer, à l’ai­de d’expé­ri­en­ces sur des pri­ma­tes, que les xéno­trans­plan­ta­ti­ons pou­vai­ent être réa­li­sées avec suc­cès.

Des trans­plan­ta­ti­ons réna­les sont à pré­voir dans un ave­nir pro­che

Les milieux de la recher­che par­tent du prin­ci­pe que des trans­plan­ta­ti­ons réna­les xéno­gé­ni­ques sont éga­le­ment à pré­voir dans un ave­nir pro­che. Une équi­pe de recher­che amé­ri­cai­ne a déve­lo­p­pé une lig­née de porcs pré­sen­tant au total 69 modi­fi­ca­ti­ons géno­mi­ques – en par­ti­cu­lier, tous les rétro­vi­rus endo­gè­nes ont été sup­p­ri­més du géno­me – et a publié des rap­ports sur des essais réus­sis de gref­fes de reins sur des babouins, qui ont vécu plus de deux ans avec les reins xéno­gè­nes.

Une appro­che très dif­fé­ren­te est enco­re moins avan­cée. En 2023, un grou­pe de recher­che chi­nois a publié les résul­tats d’u­ne expé­ri­ence dans laquel­le il a modi­fié géné­ti­quement des embry­ons de porcs afin qu’ils ne déve­lo­p­pent pas de reins. Des cel­lu­les sou­ch­es humain­es ont ensuite été intro­dui­tes, ce qui a con­duit les embry­ons à for­mer des ébau­ches de reins humains. L’expé­ri­ence ne s’est pas pour­suivie au-delà de la for­ma­ti­on des ébau­ches d’or­ga­nes. L’ob­jec­tif du déve­lo­p­pe­ment de cet­te appro­che serait de modi­fier géné­ti­quement des ani­maux afin qu’ils déve­lo­p­pent des orga­nes humains pou­vant ensuite être uti­li­sés com­me gref­fons. D’un point de vue éthi­que, il con­vi­ent éga­le­ment d’ex­ami­ner plus en détail le fait que des cel­lu­les humain­es ont ensuite été trou­vées non seu­le­ment dans les ébau­ches d’or­ga­nes, mais aus­si dans le cer­ve­au des embry­ons de porcs, écrit la CENH dans son rap­port.

Con­flit ent­re dif­fér­ents devoirs moraux

Indé­pen­dam­ment du déve­lo­p­pe­ment bio­tech­no­lo­gi­que des pro­cé­dés, il n’en reste pas moins que l’éva­lua­ti­on éthi­que de la xéno­trans­plan­ta­ti­on se heur­te dans un pre­mier temps à un con­flit ent­re dif­fér­ents devoirs moraux, écrit la CENH. « Il est incon­test­a­ble que nous avons le devoir d’ai­der les êtres souf­frants – en l’oc­cur­rence les êtres humains – qui ont beso­in d’ai­de et qui sou­hai­tent éga­le­ment rece­voir cet­te aide. » La que­sti­on con­tro­ver­sée est de savoir jus­qu’où va le droit à l’ai­de lorsqu’il s’a­git d’u­ne que­sti­on de vie ou de mort. La CENH part du prin­ci­pe que dans tous les cas où des per­son­nes rem­plis­sent aujour­d’hui les critères pour une allog­ref­fe, il exi­ste éga­le­ment une tel­le obli­ga­ti­on d’ai­de en ce qui con­cer­ne les appli­ca­ti­ons pos­si­bles de la xéno­trans­plan­ta­ti­on. Cepen­dant, les obli­ga­ti­ons d’ai­de envers les pati­ents ent­rent en con­flit avec les obli­ga­ti­ons mora­les envers les ani­maux.

Selon l’éva­lua­ti­on de la CENH, la xéno­trans­plan­ta­ti­on est asso­ciée à plu­sieurs égards à des inter­ven­ti­ons sur des ani­maux qui doi­vent être justi­fi­ées sur le plan moral. Dans la recher­che fon­da­men­ta­le, des expé­ri­en­ces péni­bles sont menées sur des ani­maux de dif­fé­ren­tes espè­ces pour dif­fér­ents aspects de la xéno­trans­plan­ta­ti­on. Dans une étape ulté­ri­eu­re, des porcs con­sidé­rés com­me aptes à la xéno­trans­plan­ta­ti­on pour diver­ses rai­sons sont géné­ti­quement modi­fi­és dans le cad­re d’expé­ri­en­ces stres­s­an­tes sur les ani­maux afin de pro­dui­re des gref­fons pou­vant être trans­plan­tés chez l’hom­me. Ces gref­fons sont pré­ala­blem­ent testés sur d’aut­res ani­maux, notam­ment des pri­ma­tes. L’é­le­va­ge des trou­peaux d’ani­maux de ren­te four­nis­sant des orga­nes dans des con­di­ti­ons sté­ri­les est éga­le­ment source de stress pour les ani­maux. À la fin du pro­ces­sus, les ani­maux sélec­tion­nés pour la trans­plan­ta­ti­on de leurs orga­nes à l’hom­me sont abattus.

L’art. 3 LPA défi­nit la noti­on con­sti­tu­ti­on­nel­le de digni­té de la créa­tu­re chez les ani­maux com­me une valeur intrin­sè­que de l’ani­mal qui doit être respec­tée dans le cad­re de son trai­te­ment. D’un point de vue éthi­que, les expé­ri­en­ces sur les ani­maux et leur uti­li­sa­ti­on dans le domaine de la xéno­trans­plan­ta­ti­on ne peu­vent donc être envi­sa­gées que si elles sont appro­priées, indis­pens­ables et pro­por­ti­onnées (« au sens strict ») pour rem­plir l’ob­li­ga­ti­on d’as­si­stance envers les patient·e·s.

Les avis diver­gent lar­ge­ment sur la signi­fi­ca­ti­on de cet­te noti­on. La xéno­trans­plan­ta­ti­on pour­rait un jour deve­nir le prin­ci­pal levier pour remé­dier à la pénurie per­si­stan­te d’or­ga­nes. Cer­ta­ins expri­ment même l’e­s­poir qu’el­le puis­se rem­pla­cer l’al­lo­trans­plan­ta­ti­on. Selon les experts de la CENH, il con­vi­ent tou­te­fois de noter que le déve­lo­p­pe­ment de la xéno­trans­plan­ta­ti­on pour­rait éga­le­ment débou­ch­er sur des appli­ca­ti­ons qui ne ser­vent pas à sau­ver des vies, mais uni­quement à amé­lio­rer la qua­li­té de vie. Selon la CENH, il con­vi­en­drait d’ex­ami­ner si une obli­ga­ti­on d’as­si­stance exi­ste éga­le­ment dans ces cas. Si tel n’é­tait pas le cas, l’ap­pli­ca­ti­on ne serait pas auto­ri­sée en rai­son des obli­ga­ti­ons mora­les envers les ani­maux. D’autant plus si l’on con­sidè­re qu’il serait pos­si­ble, grâ­ce à la pré­ven­ti­on, au dépis­ta­ge pré­co­ce et au déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les thé­ra­pies, d’é­vi­ter les trans­plan­ta­ti­ons d’or­ga­nes. Selon la CENH, l’at­ten­ti­on accor­dée aux appro­ches alter­na­ti­ves et les fonds de recher­che qui leur sont con­sacrés dépen­dent d’u­ne part des inté­rêts finan­ciers et d’aut­re part d’aut­res fac­teurs, tels que les efforts visa­nt à accroît­re la volon­té de don­ner des orga­nes pour l’al­lo­trans­plan­ta­ti­on.

Examen de la pro­por­ti­on­na­li­té

Si l’on par­vi­ent à la con­clu­si­on que le critère d’a­dé­qua­ti­on ou celui d’in­dis­pensa­bi­li­té (ou les deux à la fois) n’est pas rem­pli, les inter­ven­ti­ons sur des ani­maux à des fins de xéno­trans­plan­ta­ti­on ne sont pas justi­fi­a­bles d’un point de vue éthi­que selon la CENH. Si, en revan­che, les con­sidé­ra­ti­ons per­met­tent de con­clu­re que les deux critères sont rem­p­lis, il con­vi­ent de mett­re en balan­ce les inter­ven­ti­ons sur les ani­maux, d’u­ne part, et le devoir d’as­si­stance envers les pati­ents, d’aut­re part. Ce n’est que si le devoir d’as­si­stance ou les inté­rêts mora­le­ment per­tin­ents l’emportent que les inter­ven­ti­ons sont pro­por­ti­onnées et que les con­train­tes qui en décou­lent pour les ani­maux sont donc accep­ta­bles.

Aspects éthi­ques de la xéno­trans­plan­ta­ti­on

Un argu­ment sou­vent avan­cé est que la xéno­trans­plan­ta­ti­on n’est qu’u­ne aut­re for­me d’uti­li­sa­ti­on des ani­maux déjà éta­b­lie. Cela impli­que que cet­te for­me d’uti­li­sa­ti­on des ani­maux est assi­mi­lable à d’aut­res for­mes d’uti­li­sa­ti­on exi­stan­tes. Tou­te­fois, avant d’en­vi­sa­ger une assi­mi­la­ti­on à d’aut­res for­mes com­mer­cia­les d’uti­li­sa­ti­on des ani­maux, il con­vi­ent d’a­bord de cla­ri­fier à par­tir de quand la pro­duc­tion d’ani­maux de ren­te pour la xéno­trans­plan­ta­ti­on ne doit plus être con­sidé­rée com­me de l’expé­ri­men­ta­ti­on ani­ma­le, écrit la CENH.

Ce n’est qu’a­lors que se pose­ra la que­sti­on des scé­na­ri­os de pro­duc­tion d’ani­maux de ren­te xéno­gè­nes. Chaque ani­mal sera-t-il à l’a­ve­nir éle­vé spé­ci­fi­quement pour un rece­veur ou, plus pro­ba­blem­ent, pour un grou­pe de rece­ve­urs ? Exi­ste­ra-t-il des lig­nées d’é­le­va­ge éta­b­lies pour la pro­duc­tion de xénog­ref­fes ? S’il y a des lig­nées d’é­le­va­ge, la xéno­trans­plan­ta­ti­on sera-t-elle alors sim­ple­ment une aut­re for­me d’uti­li­sa­ti­on ani­ma­le éta­b­lie, qui s’a­jou­te­ra à cel­les qui exi­stent dans d’aut­res sec­teurs de la socié­té ? Mais le simp­le fait qu’u­ne pra­tique soit socia­le­ment éta­b­lie et accep­tée per­met-il de con­clu­re qu’el­le est éga­le­ment mora­le­ment accep­ta­ble ? Selon l’E­KAH, il est impos­si­ble d’é­vi­ter un débat géné­ral sur le sta­tut moral des ani­maux. Une dis­cus­sion éthi­que est néces­saire. Cel­le-ci pour­rait about­ir à la con­clu­si­on que tou­tes ou cer­tai­nes for­mes d’uti­li­sa­ti­on des ani­maux sont mora­le­ment inac­cep­ta­bles.

Con­sé­quen­ces sur l’é­co­no­mie et la poli­tique de la san­té

Si les obs­ta­cles médi­caux peu­vent être sur­mon­tés, la xéno­trans­plan­ta­ti­on serait à cer­ta­ins égards supé­ri­eu­re à l’al­lo­trans­plan­ta­ti­on. En effet, con­trai­re­ment à l’al­lo­trans­plan­ta­ti­on, la xéno­trans­plan­ta­ti­on serait pla­ni­fia­ble, per­son­na­li­sable et les xénog­ref­fons serai­ent en prin­ci­pe dis­po­ni­bles en quan­ti­té illi­mi­tée. Tou­te­fois, selon l’E­KAH, cela soulè­ve d’aut­res que­sti­ons éthi­ques, notam­ment les ris­ques liés à la com­mer­cia­li­sa­ti­on et à la pri­va­tisa­ti­on de la méde­ci­ne de trans­plan­ta­ti­on. Les xéno­trans­plan­ta­ti­ons pour­rai­ent deve­nir si inté­res­s­an­tes finan­ciè­re­ment qu’el­les pour­rai­ent avoir des effets per­tur­ba­teurs sur l’al­lo­trans­plan­ta­ti­on. La CENH esti­me qu’il con­vi­ent d’y prêter une atten­ti­on par­ti­cu­liè­re et soulè­ve la que­sti­on des con­sé­quen­ces que pour­rait avoir le bre­ve­ta­ge de pro­cé­dés et de lig­nées d’é­le­va­ge d’ani­maux de ren­te xéno­gè­nes.

L’ob­li­ga­ti­on d’ai­der les per­son­nes souf­frant de lési­ons orga­ni­ques irré­ver­si­bles et pour les­quel­les la xéno­trans­plan­ta­ti­on est la der­niè­re opti­on pos­si­ble ent­rera tou­jours en con­flit avec les obli­ga­ti­ons mora­les envers les ani­maux, qui souf­frent à plu­sieurs égards de la xéno­trans­plan­ta­ti­on. Il faut donc tou­jours s’assurer que la xéno­trans­plan­ta­ti­on est indis­pensable, car le devoir d’as­si­stance ne peut être rem­pli autre­ment. Et il con­vi­ent donc de tou­jours exami­ner au pré­alable les alter­na­ti­ves pos­si­bles.

Articles actuels sur le sujet

Risques florissants – Le génie génétique menace les écosystèmes

Pommes de terre génétiquement modifiées : un projet controversé d’Agroscope en décalage avec les besoins suisses

Initiative « Pour des aliments sans OGM » déposée le 27 février 2026. Un signal fort en faveur de la liberté de choix et d’une évaluation rigoureuse des risques des nouvelles techniques de génie génétique

La présidence danoise fait pression pour la déréglementation des OGM dans l’UE

Je participe :

Les semences et les denrées alimentaires issues des nouvelles techniques génétiques pourraient bientôt être commercialisées sans étiquetage ni évaluation des risques. Qu'en pensez-vous ?

Afin de savoir ce qui se retrouve dans nos assiettes, nous recueillons des avis issus de la pratique.

Voici comment procéder :

  1. Téléchargez le questionnaire correspondant.
  2. Répondez à 1 à 3 questions.
  3. Envoyez-nous vos réponses, le nom de votre entreprise et une photo haute résolution par e-mail à info@stopogm.ch

Petit sondage destiné aux acteurs des secteurs suivants :

Vous pouvez également demander les questions sous forme de document Word : info@stopogm.ch

Nous publierons votre contribution sur notre page de campagne et la partagerons sur les réseaux sociaux. Aidez-nous à garantir la transparence, la liberté de choix et la durabilité ! Merci pour votre soutien.

Des questions ?

Envoyez un e-mail à info@stopogm.ch

Veranstaltung:

Zürich isst! Sichern Sie sich Ihr Ticket für unsere Filmvorführungen mit anschliessenden Podien!

Im September 2015 steht ganz Zürich im Zeichen von Ernährung, Umwelt und Genuss. «Zürich isst» bietet der Bevölkerung mit vielfältigen Veranstaltungen die Gelegenheit, sich mit Fragen einer nachhaltigen Ernährung auseinanderzusetzen. Zum Programm: www.zuerich-isst.ch. DIE ZUKUNFT PFLANZEN – BIO FÜR 9 MILLIARDEN       
23. September 2015, 18 bis 21.30, Riffraff Kino Zürich