(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Prévenir plutôt que guérir : les ciseaux génétiques perturbent le génome

Une molé­cu­le uti­li­sée pour rend­re plus effi­caces les inter­ven­ti­ons géné­ti­ques sur les cel­lu­les humain­es à l’ai­de des cise­aux géné­ti­ques CRISPR / Cas détruit cer­tai­nes par­ties du géno­me, écri­vent des cher­cheurs de l’ETH Zurich dans une publi­ca­ti­on parue début décembre dans la célèb­re revue spé­cia­li­sée « Natu­re Bio­tech­no­lo­gy »1. De tels effets second­ai­res ne sont pas incon­nus chez les plan­tes, mais ils sont enco­re lar­ge­ment inex­plo­rés. L’in­du­strie vise néan­mo­ins une déré­gle­men­ta­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques dans l’ag­ri­cul­tu­re. Com­ment alors respec­ter le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le ?

Depuis sa décou­ver­te en 2012, l’é­di­ti­on géno­mi­que avec CRISPR /Cas a fait des pro­grès ful­gu­rants : cet outil con­tro­ver­sé est uti­li­sé chez les humains, les plan­tes et même les micro-orga­nis­mes. Par­al­lè­le­ment, il ne ces­se d’êt­re per­fec­tion­né. Un objec­tif important : plus de pré­cis­i­on et moins d’ef­fets second­ai­res. Out­re le CRISPR/Cas9 ori­gi­nal, de nombreu­ses nou­vel­les vari­an­tes sont déjà uti­li­sées : CRISPR/Cas10, CRISPR/

Cas12a ou CRISPR/Cas12b, pour n’en citer que quel­ques-unes. De plus, on recher­che des outils per­met­tant d’aug­men­ter la pré­cis­i­on.

L’in­hi­bi­teur de pro­téi­ne kina­se AZD 7648.1, désor­mais con­tro­ver­sé, est l’un de ces outils. L’uti­li­sa­ti­on de cet­te molé­cu­le vise à répa­rer avec plus de pré­cis­i­on les cassu­res cau­sées par les cise­aux géné­ti­ques CRISPR/Cas9. Lorsque les cise­aux géné­ti­ques cou­pent, les deux brins d’ADN sont sec­tion­nés. Cela peut avoir des con­sé­quen­ces poten­ti­el­le­ment gra­ves pour l’or­ga­nis­me. C’est pour­quoi la cou­pu­re acti­ve des méca­nis­mes de répa­ra­ti­on natu­rels qui per­met­tent à la cel­lu­le de répa­rer ces dom­mages. La voie de répa­ra­ti­on la plus cou­ran­te, appelée jonc­tion non homo­lo­gue, est plus rapi­de, mais moins pré­cise. Dans ce cas, les extré­mi­tés de l’ADN cou­pé sont réas­sem­blées de maniè­re alé­a­toire. À l’in­ver­se, l’aut­re voie, éga­le­ment appelée recom­bi­nai­son homo­lo­gue, est cer­tes plus pré­cise, mais elle prend plus de temps et n’est acti­vée que de maniè­re limi­tée, à cer­tai­nes pha­ses du cycle cel­lu­lai­re. Pour com­bler la lacu­ne dans le brin d’ADN et recon­strui­re la par­tie sup­p­ri­mée, il faut en out­re dis­po­ser d’un modè­le, par exemp­le un seg­ment d’ADN iden­tique pro­venant d’un aut­re chro­mo­so­me.

Les inter­ven­ti­ons avec CRISPR/Cas peu­vent cau­ser des err­eurs gros­siè­res et désta­bi­li­ser le géno­me. Des restruc­tu­ra­ti­ons importan­tes des chro­mo­so­mes ne sont pas rares. Image : Shut­ter­stock

C’est pré­cis­é­ment cet­te métho­de de répa­ra­ti­on plus com­ple­xe que les cher­cheurs sou­hai­tent uti­li­ser pour répa­rer les gènes patho­lo­gi­ques en inté­grant de maniè­re aus­si pré­cise que pos­si­ble des seg­ments d’ADN sélec­tion­nés dans une région géné­tique sou­hai­tée. Mais com­ment ame­ner la cel­lu­le à sui­v­re cet­te voie ? C’est là qu’in­ter­vi­ent l’in­hi­bi­teur de pro­téi­ne kina­se AZD 7648 étu­dié. Celui-ci blo­que la répa­ra­ti­on rapi­de impré­cise et obli­ge la cel­lu­le à tra­vail­ler avec pré­cis­i­on. Mais ce qui sem­ble être un gain d’ef­fi­ca­ci­té a aus­si des incon­vé­ni­ents : des modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques indé­si­ra­bles à des end­roits du géno­me que l’on pen­sait int­acts. Et ce, même « en mas­se ». Des mil­liers de com­po­sants de l’ADN (bases) sont sup­p­ri­més, et même des bras chro­mo­so­mi­ques se rom­pent. Con­sé­quence : le géno­me devi­ent insta­ble. Mais si l’on n’a­vait pas ana­ly­sé l’en­sem­ble du géno­me à gran­de échel­le, ces modi­fi­ca­ti­ons serai­ent restées indé­tec­tées. La véri­té inquié­tan­te est qu’en règ­le géné­ra­le, les modi­fi­ca­ti­ons indé­si­ra­bles ne sont recher­chées que dans les régions situées à pro­xi­mi­té de la modi­fi­ca­ti­on sou­hai­tée ou dans les­quel­les les pré­vi­si­ons des modè­les indi­quent que des modi­fi­ca­ti­ons sont par­ti­cu­liè­re­ment pro­ba­bles. Même les auteurs de l’é­tu­de de l’ETH dou­tent d’a­voir une vue d’en­sem­ble com­plè­te de l’am­pleur du phé­nomè­ne. Bien qu’ils se disent cho­qués, ils espè­rent pou­voir écar­ter le dan­ger. Com­ment ? En uti­li­sant à l’a­ve­nir non seu­le­ment une molé­cu­le pour favo­ri­ser la recom­bi­nai­son homo­lo­gue, mais tout un cock­tail de 11 sub­stances dif­fé­ren­tes. Reste à savoir si cela ent­raî­ne­ra d’aut­res effets second­ai­res inat­ten­dus.

Dans le domaine végé­tal éga­le­ment, les cher­cheurs s’ef­for­cent de favo­ri­ser la voie de répa­ra­ti­on la plus pré­cise (via la recom­bi­nai­son homo­lo­gue). Pour cela, ils uti­li­sent éga­le­ment des enzy­mes, tel­les que l’exo­nu­cléa­se pro­venant de virus her­pé­ti­ques ou de virus qui infec­tent exclu­si­ve­ment les bac­té­ries (bac­té­rio­pha­ges). Il n’e­xi­ste pra­ti­quement aucu­ne étu­de sur les effets second­ai­res.

Des err­eurs gros­siè­res même sans molé­cu­le auxi­li­ai­re

Dans les cel­lu­les mam­mi­fè­res, on sait depuis long­temps que l’uti­li­sa­ti­on des cise­aux géné­ti­ques peut pro­vo­quer des modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques importan­tes, même sans aide exté­ri­eu­re. Ce phé­nomè­ne, qui ent­raî­ne des cen­tai­nes de modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques simul­ta­nées, est appelé chro­mo­thrip­sis. Des seg­ments du géno­me peu­vent être per­mu­tés, tor­dus, recom­bi­nés ou même com­plè­te­ment per­dus. Chez les plan­tes, ce n’est qu’en 2023 que de tels effets ont été démon­trés pour la pre­miè­re fois

après l’uti­li­sa­ti­on de CRISPR dans une étu­de publiée dans la revue spé­cia­li­sée « Plant Cell », par exemp­le chez les toma­tes.2 La rai­son en était la répa­ra­ti­on sujet­te à des err­eurs au moy­en d’u­ne jonc­tion non homo­lo­gue après la rup­tu­re dou­ble brin cau­sée par CRISPR.

La chro­mo­thrip­sis sem­ble plutôt rare chez les plan­tes qui n’ont pas été géné­ti­quement modi­fi­ées. Cepen­dant, l’uti­li­sa­ti­on des cise­aux géné­ti­ques peut éga­le­ment affec­ter plus fré­quem­ment des zones du géno­me qui sont nor­ma­le­ment pro­té­gées cont­re de tel­les modi­fi­ca­ti­ons par des méca­nis­mes de répa­ra­ti­on natu­rels. Les ris­ques ne peu­vent être pré­dits de maniè­re géné­ra­le. Une éva­lua­ti­on au cas par cas est indis­pensable.

Éva­lua­ti­on des ris­ques obli­ga­toire

Les résul­tats des étu­des men­ti­onnées ci-des­sus remet­tent une fois de plus en que­sti­on la pré­cis­i­on sup­po­sée des cise­aux géné­ti­ques. Cer­tes, la nou­vel­le tech­no­lo­gie géné­tique per­met de cib­ler plus pré­cis­é­ment cer­ta­ins end­roits du géno­me afin de le cou­per à cet end­roit. Cepen­dant, les con­sé­quen­ces de ces cou­pes sont dif­fi­ci­le­ment pré­vi­si­bles et incon­trôl­ables. Par con­sé­quent, les plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques ne peu­vent être con­sidé­rées com­me sûres en soi, mais doi­vent fai­re l’ob­jet d’u­ne éva­lua­ti­on appro­fon­die des ris­ques.

Dans cer­ta­ins pays, com­me les États-Unis, les plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées (y com­pris cel­les issues des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique) sont déjà auto­ri­sées sans éva­lua­ti­on des ris­ques. Ce n’est que lorsqu’il s’a­vè­re, lors de leur uti­li­sa­ti­on, que des dom­mages sont cau­sés aux êtres humains, aux ani­maux ou à l’en­vi­ron­ne­ment que le pro­duit con­cer­né est reti­ré du mar­ché et que le fab­ri­cant est pour­suivi en justi­ce.

Dans l’UE et désor­mais en Suis­se éga­le­ment, l’in­du­strie agri­co­le et les sci­en­ti­fi­ques qui y sont asso­ciés font pres­si­on en faveur d’u­ne déré­gle­men­ta­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique : une pro­cé­du­re sim­pli­fi­ée dev­rait suf­fi­re pour mett­re sur le mar­ché d’in­nom­bra­bles plan­tes pré­sen­tant diver­ses modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques et com­mer­cia­li­ser les pro­duits cor­re­spond­ants. Il ne serait alors plus obli­ga­toire d’é­tu­dier les modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques invo­lon­tai­res tel­les que la chro­mo­thrip­sis. Cet­te nou­vel­le régle­men­ta­ti­on con­cer­nerait non seu­le­ment les plan­tes agri­co­les, mais aus­si les plan­tes sau­va­ges. La déré­gle­men­ta­ti­on pré­vue et la dis­sé­mi­na­ti­on mas­si­ve d’or­ga­nis­mes issus des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques pour­rai­ent mett­re en dan­ger les moy­ens de sub­si­stance des géné­ra­ti­ons futures.

Les étu­des sur les effets second­ai­res indé­si­ra­bles de CRISPR/Cas sur les plan­tes sont rares.Image : Shut­ter­stock

Com­me l’ont décla­ré les cher­cheurs de l’ETH dans une inter­view, les résul­tats de leur étu­de « ne sont pas la fin, mais le début de nou­veaux pro­grès dans la modi­fi­ca­ti­on du géno­me à l’ai­de des tech­ni­ques CRISPR/Cas ». Le déve­lo­p­pe­ment se pour­su­it avec des sub­stances qui pré­sen­tent des ris­ques incon­nus qui doi­vent être éva­lués.

Alors qu’u­ne éva­lua­ti­on des ris­ques est indis­pensable et incon­te­stée dans le domaine médi­cal, elle est jugée super­flue dans le domaine agri­co­le par le lob­by agri­co­le. Pour­tant, les appli­ca­ti­ons agri­co­les ne se trou­vent pas dans une « impas­se » com­me dans le domaine médi­cal, où les inter­ven­ti­ons héré­di­taires sur la lig­née ger­mi­na­le sont (pour l’in­stant) inter­di­tes. Non.

Ici, des orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és sont libé­rés à gran­de échel­le dans la natu­re, où les modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques

peu­vent très bien être trans­mi­ses à des con­gé­nè­res. Une att­ein­te à l’é­co­sy­stème et à la bio­di­ver­si­té est donc iné­vi­ta­ble. Les pro­duits issus des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques en sont tou­te­fois enco­re au sta­de de la vali­da­ti­on du con­cept : ils sortent tout juste du labo­ra­toire. Il n’e­xi­ste aucu­ne étu­de à long ter­me sur leurs per­for­man­ces et leurs ris­ques. Le pre­mier essai suis­se de dis­sé­mi­na­ti­on d’u­ne plan­te CRISPR n’a été lan­cé qu’au début de l’an­née 2024. Com­me les effets néga­tifs des plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées ne se mani­fe­stent qu’a­près une longue péri­ode de cul­tu­re, il sera alors trop tard pour les reti­rer de la natu­re.

Appli­quer le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on

C’est pré­cis­é­ment pour évi­ter de tel­les situa­tions que le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on, élé­ment cen­tral de la légis­la­ti­on euro­pé­en­ne en matiè­re de pro­tec­tion de la natu­re, a été inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le.

Le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on est un prin­ci­pe qui s’ap­pli­que aux situa­tions d’in­cer­ti­tu­de dans les­quel­les, en rai­son d’un man­que de con­nais­sances sur les ris­ques, la pro­ba­bi­li­té de sur­ve­nue d’un dom­mage ne peut enco­re être déter­mi­née. Il pre­scrit de prend­re des pré­cau­ti­ons et de coll­ec­ter des don­nées afin de se pro­té­ger autant que pos­si­ble cont­re ces dom­mages. L’ob­jec­tif est de déter­mi­ner ain­si le ris­que, c’est-à-dire le pro­duit de la pro­ba­bi­li­té et du dom­mage. Dès que ces con­nais­sances sont suf­fi­san­tes, on quit­te le domaine de la pré­ven­ti­on. Ce n’est qu’a­lors qu’il est pos­si­ble de déci­der si les ris­ques désor­mais con­nus sont accep­ta­bles ou non. Même si cela impli­que une pro­cé­du­re exi­ge­an­te et retar­de la com­mer­cia­li­sa­ti­on, il est indis­pensable, d’un point de vue éthi­que, de tenir comp­te de cet aspect, même en péri­ode d’ac­cé­lé­ra­ti­on des pro­grès tech­no­lo­gi­ques, même si ces pro­grès sem­blent néces­saires pour rele­ver les défis mon­diaux à venir.3, 4

L’initia­ti­ve pour la pro­tec­tion des ali­ments défend l’ap­pli­ca­ti­on du prin­ci­pe de pré­cau­ti­on afin de pro­té­ger les êtres humains, les ani­maux et l’en­vi­ron­ne­ment. Elle inscrit dans la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le l’ob­li­ga­ti­on d’u­ne éva­lua­ti­on rigou­reu­se des ris­ques pour tou­tes les for­mes de génie géné­tique et s’en­ga­ge en faveur de la liber­té de choix des con­som­ma­teurs. Seu­le une régle­men­ta­ti­on stric­te, per­met­tant la coexi­stence ent­re l’ag­ri­cul­tu­re avec et sans génie géné­tique, peut garan­tir une pro­tec­tion suf­fi­san­te.

1 Cullot G et al. 2024 Genome editing with the HDR-enhancing DNA-PKcs inhibitor AZD7648 causes large-scale genomic alterations. Nature Biotechnology

2 Samach A et al. 2023 CRIS­PR/­Cas9-indu­ced DNA breaks trig­ger cross­over, chro­mo­so­mal loss, and chro­mo­thrip­sis-like rear­ran­ge­ments. Plant Cell 35 (11): 3957–3972.

3 Com­mis­si­on fédé­ra­le d’é­thi­que pour les acti­vi­tés extra­hu­main­es (CENH) 2019 Le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on doit-il être com­plé­té ? Réfle­xi­ons éthi­ques sur le « prin­ci­pe d’in­no­va­ti­on ».

4 Com­mis­si­on fédé­ra­le d’é­thi­que pour les acti­vi­tés extra­hu­main­es (CENH) 2018 Pré­cau­ti­on dans le domaine envi­ron­ne­men­tal. Exi­gen­ces éthi­ques rela­ti­ves à la régle­men­ta­ti­on des nou­vel­les bio­tech­no­lo­gies.

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