(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

ChatGPT conçoit une plante génétiquement modifiée toxique pour les insectes

La Com­mis­si­on euro­pé­en­ne pré­voit d’au­to­ri­ser les plan­tes issues des nou­vel­les tech­no­lo­gies géné­ti­ques (NTG) qui com­portent moins de 20 modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques sans éva­lua­ti­on des ris­ques ni éti­que­ta­ge. Il est effra­yant de con­stater qu’à l’ai­de d’ou­tils d’IA acces­si­bles au public tels que ChatGPT, il est très faci­le de conce­voir des plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées (GM) qui restent en des­sous de ce seuil.

Par­tout dans le mon­de, des labo­ra­toires tra­vail­lent à la com­bi­nai­son de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le et du génie géné­tique. Cela va enco­re accé­lé­rer le déve­lo­p­pe­ment tech­no­lo­gi­que, déjà très dyna­mi­que. Il est important de ne pas se limi­ter aux avan­ta­ges poten­tiels, mais d’en­vi­sa­ger éga­le­ment les ris­ques.

Dans le cad­re d’un pro­jet pilo­te, trois ONG alle­man­des – la fon­da­ti­on Aure­lia, Save our Seeds et Test­bio­tech – ont uti­li­sé ChatGPT 4o pour déve­lo­p­per un plan géné­tique pour une varié­té de maïs qui pour­rait ensuite être réa­li­sée en thé­o­rie à l’ai­de des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques.

L’ob­jec­tif du pro­jet était de mon­trer qu’a­vec des con­nais­sances spé­cia­li­sées suf­fi­san­tes, il est pos­si­ble de conce­voir en très peu de temps, sur ordi­na­teur, diver­ses plan­tes GM qui se situ­ent en des­sous du seuil légal pour une éva­lua­ti­on obli­ga­toire des ris­ques.

Dans le cad­re du pro­jet, des ins­truc­tions de cons­truc­tion ont été éla­bo­rées pour une plan­te de maïs pré­sen­tant une teneur éle­vée en pro­té­i­nes pou­vant être toxi­ques pour les insec­tes de l’ord­re des lépi­d­op­tères (Lepi­d­op­te­ra). Ce grou­pe d’in­sec­tes com­prend éga­le­ment des rava­ge­urs importants sur le plan éco­no­mi­que, tels que la pyra­le du maïs (Ost­ri­nia nubi­la­lis). Les critères pro­po­sés par la Com­mis­si­on ont été four­nis à ChatGPT com­me ins­truc­tions de con­cep­ti­on afin de cré­er une plan­te qui ne serait en aucun cas sou­mi­se à une éva­lua­ti­on obli­ga­toire des ris­ques.

Les cher­cheurs ont mis moins d’u­ne semaine pour mener à bien l’en­sem­ble du pro­ces­sus : une accé­lé­ra­ti­on con­sidé­ra­ble qui n’au­rait pas été pos­si­ble sans l’IA. Cepen­dant, des con­nais­sances spé­cia­li­sées étai­ent néces­saires. Les expé­ri­en­ces ont éga­le­ment mon­tré que sans une com­pré­hen­si­on de la géné­tique végé­ta­le, l’expé­ri­ence n’au­rait pas abou­ti. L’IA ne pour­rait pas déve­lo­p­per de tel­les plan­tes si elle était gui­dée par un pro­fa­ne.

Diver­ses appro­ches ont été testées pour conce­voir des plan­tes insec­ti­ci­des. L’u­ne d’el­les con­si­stait à intro­dui­re plu­sieurs peti­tes muta­ti­ons ponc­tu­el­les (appelées mul­ti­plex­ing), mais en nombre infé­ri­eur à la limi­te pro­po­sée (20).

En réa­li­té, il n’e­xi­ste tou­te­fois aucu­ne justi­fi­ca­ti­on sci­en­ti­fi­que soli­de per­met­tant d’af­firm­er que les plan­tes NGT qui restent en des­sous d’un « seuil magi­que » de 20 modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques sont plus sûres que les aut­res plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées.

Le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on et la liber­té de choix en dan­ger

Les plan­tes GM qui pro­dui­sent un insec­ti­ci­de ne sont pas sans ris­que, quel que soit le nombre de modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques qu’el­les con­ti­en­nent. Elles peu­vent non seu­le­ment être toxi­ques pour les espè­ces nui­si­bles ciblées, mais aus­si pré­sen­ter des ris­ques gra­ves pour les orga­nis­mes non ciblés, les réseaux ali­men­tai­res, les fonc­tions éco­sy­s­té­mi­ques et la bio­di­ver­si­té.

Nég­li­ger l’éva­lua­ti­on des ris­ques pour l’en­vi­ron­ne­ment avant la dis­sé­mi­na­ti­on ou la com­mer­cia­li­sa­ti­on, com­me le pré­voi­ent les pro­po­si­ti­ons légis­la­ti­ves de l’UE, pour­rait avoir de gra­ves con­sé­quen­ces pour l’en­vi­ron­ne­ment et la san­té humaine et est con­trai­re au prin­ci­pe de pré­cau­ti­on. De plus, les den­rées ali­men­tai­res déri­vées de ces plan­tes GM ne serai­ent pas sou­mi­ses à l’ob­li­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge. Ce man­que de trans­pa­rence limi­terait con­sidé­ra­blem­ent la liber­té de choix des con­som­ma­teurs.

Test­bio­tech con­sidè­re le maïs insec­ti­ci­de com­me une sor­te de preuve expé­ri­men­ta­le que les pro­po­si­ti­ons de l’UE pour la future régle­men­ta­ti­on des plan­tes NGT sont insuf­fi­san­tes et déjà dépas­sées avant même d’en­trer en vigueur. C’est pour­quoi l’or­ga­ni­sa­ti­on deman­de le retrait de la pro­po­si­ti­on de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne.

Les pré­oc­cu­pa­ti­ons de Test­bio­tech ne sont pas infon­dées : plu­sieurs ent­re­pri­ses misent déjà sur l’IA pour déve­lo­p­per des plan­tes NGT. On peut sup­po­ser que leurs algo­rith­mes sont beau­coup plus effi­caces que la ver­si­on publi­que de ChatGPT. Si le poten­tiel de l’IA à être uti­li­sée à des fins mal­veil­lan­tes et à pré­sen­ter des ris­ques pour la bio­sé­cu­ri­té est sou­vent dis­cu­té, cet exemp­le mont­re éga­le­ment les ris­ques pour la bio­di­ver­si­té (bio­sé­cu­ri­té). L’im­portance et la fonc­tion de l’IA pour la con­cep­ti­on et le déve­lo­p­pe­ment du plan de cons­truc­tion des plan­tes NGT et d’aut­res orga­nis­mes NGT sont évi­den­tes, mais n’ont jus­qu’à pré­sent pas été pri­ses en comp­te dans la pro­po­si­ti­on de la Com­mis­si­on.

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