(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

La classification des plantes NGT‑1 comme « à faible risque » n’est pas scientifiquement fondée

Selon les plans de déré­gle­men­ta­ti­on de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne, les plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique qui ne con­ti­en­nent pas de gènes étran­gers dev­rai­ent à l’a­ve­nir être mises sur le mar­ché sans éva­lua­ti­on des ris­ques. La rai­son invo­quée : ces plan­tes pré­s­en­ter­ai­ent un ris­que moind­re, car l’in­ter­ven­ti­on géné­tique serait pré­cise, mini­ma­le, pres­que natu­rel­le. Cet­te affir­ma­ti­on est dépour­vue de tout fon­de­ment sci­en­ti­fi­que, com­me le mont­re une publi­ca­ti­on pré­li­mi­n­aire de l’Of­fice fédé­ral alle­mand pour la pro­tec­tion de la natu­re (BfN).

La pro­po­si­ti­on légis­la­ti­ve de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne clas­se dans la caté­go­rie des plan­tes dites NGT1 les plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques qui ne con­ti­en­nent pas de gènes étran­gers à l’e­spè­ce. Selon les esti­ma­ti­ons, cela con­cer­nerait pra­ti­quement tou­tes les nou­vel­les plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées, soit envi­ron 94 % d’ent­re elles. Cel­les-ci serai­ent alors exemp­tées des direc­ti­ves euro­pé­en­nes en vigueur en matiè­re de génie géné­tique. En effet, selon le lob­by des OGM et la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne, ces plan­tes pré­sen­tent moins de ris­ques que les orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és (OGM) « con­ven­ti­on­nels » ou ceux qui con­ti­en­nent des gènes étran­gers à l’e­spè­ce. Elles sont sou­mi­ses à la « pré­somp­ti­on d’é­qui­va­lence », c’est-à-dire que la modi­fi­ca­ti­on géné­tique est con­sidé­rée com­me équi­va­len­te aux muta­ti­ons natu­rel­les et aux pro­ces­sus de sélec­tion con­ven­ti­on­nels.

De nombreu­ses orga­ni­sa­ti­ons inter­na­tio­na­les et sci­en­ti­fi­ques, dont l’ASGG, ont cri­ti­qué dès le début le carac­tère sci­en­ti­fi­quement indé­fen­da­ble de cet­te affir­ma­ti­on.

La sci­ence affir­me que les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques ne sont pas équi­va­len­tes à la sélec­tion tra­di­ti­on­nel­le

Des col­la­bo­ra­teurs de l’Of­fice fédé­ral alle­mand pour la pro­tec­tion de la natu­re (BfN) ont désor­mais exami­né sci­en­ti­fi­quement les critères selon les­quels les plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées sont clas­sées dans la caté­go­rie NGT1 et ont publié un « pré­pu­bli­ca­ti­on » de leur étu­de.

Leur con­clu­si­on : les appli­ca­ti­ons des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique ne sont pas com­pa­ra­bles à la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le, avec ou sans gènes étran­gers. Selon les auteurs, les effets inten­ti­on­nels ou invo­lon­tai­res liés aux ris­ques sur l’ap­pa­rence et les pro­ces­sus méta­bo­li­ques de la plan­te (phé­no­ty­pe) ne sont pas pris en comp­te. « La pro­po­si­ti­on n’est donc ni sci­en­ti­fi­quement fon­dée ni appro­priée pour trai­ter de maniè­re adé­qua­te les ris­ques poten­tiels liés aux plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique », pour­suivent-ils. La pré­somp­ti­on d’é­qui­va­lence pro­po­sée n’est pas adap­tée à une pro­tec­tion fon­dée sur le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on.

La publi­ca­ti­on con­ti­ent éga­le­ment une éva­lua­ti­on de l’am­pleur des  dom­mages poten­tiels qui est qua­li­fi­és de «« con­sidé­ra­ble », sur­tout si la cul­tu­re de plan­tes NGT1 devait aug­men­ter dans l’UE.

Les auteurs con­fir­ment que seuls des éva­lua­tions des ris­ques au cas par cas peu­vent sui­v­re le ryth­me des pro­grès tech­ni­ques, y com­pris l’uti­li­sa­ti­on de l’in­tel­li­gence arti­fi­ci­el­le dans la con­cep­ti­on de nou­vel­les plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées. C’est la seu­le façon de garan­tir une régle­men­ta­ti­on péren­ne au sens du prin­ci­pe de pré­cau­ti­on.

L’é­tu­de mont­re une fois de plus que la pro­po­si­ti­on de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne n’est pas sci­en­ti­fi­quement défen­da­ble et doit être révi­sée de tou­te urgence. Une clas­si­fi­ca­ti­on arbi­trai­re et non sci­en­ti­fi­que des ris­ques liés aux plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique ne doit pas ser­vir de base à la future pro­tec­tion des con­som­ma­teurs euro­pé­ens. Com­me l’a éta­b­li la Cour de justi­ce de l’U­ni­on euro­pé­en­ne (CJUE) dans son arrêt de prin­ci­pe de 2018, la légis­la­ti­on euro­pé­en­ne éprou­vée en matiè­re de génie géné­tique dev­rait con­tin­uer à s’ap­pli­quer à tou­tes les nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique.

Gui­de pour la Suis­se

Pour la Suis­se éga­le­ment, les résul­tats de cet­te étu­de, asso­ciés à l’ar­rêt de la CJUE, dev­rai­ent con­tin­uer à ser­vir de gui­de.

L’as­sou­plis­se­ment de la loi sur le génie géné­tique pro­po­sé par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne aurait iné­vi­ta­blem­ent des réper­cus­sions sur la Suis­se. En effet, même si la Suis­se peut sui­v­re sa pro­pre voie, le lob­by du génie géné­tique fait pres­si­on dans not­re pays éga­le­ment pour assou­plir les dis­po­si­ti­ons léga­les enco­re rest­ric­ti­ves en matiè­re d’OGM. Cela revi­en­drait à sup­p­ri­mer le « prin­ci­pe de pré­cau­ti­on ». Les con­som­ma­teurs ne pour­rai­ent alors plus savoir quels pro­duits con­ti­en­nent des ing­ré­di­ents géné­ti­quement modi­fi­és. La sup­pres­si­on de l’ob­li­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge nui­rait à la pro­tec­tion des con­som­ma­teurs et à leur liber­té de choix en matiè­re d’achat et de con­som­ma­ti­on. Les agri­cul­teurs dev­rai­ent en out­re s’at­tendre à une con­ta­mi­na­ti­on de leurs champs par des plan­tes NGT.

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