(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

200 organisations s’opposent à la dérégulation des OGM par l’UE

Dans une pri­se de posi­ti­on com­mu­ne de plus de 200 orga­ni­sa­ti­ons euro­pé­en­nes issues de l’ag­ri­cul­tu­re et de la socié­té civi­le ain­si que du sec­teur ali­men­tai­re, les signa­tai­res deman­dent la pro­tec­tion des peti­tes ent­re­pri­ses de sélec­tion et de l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM cont­re les nou­vel­les tech­no­lo­gies géné­ti­ques (NTG). Le con­tex­te est celui du pro­jet de déré­gu­la­ti­on au sein de l’UE et des négocia­ti­ons à ce sujet qui ont eu  lieu vendre­di 14.02.2025.

Dans la pri­se de posi­ti­on publiée par Green­peace le 11.02.2025, les orga­ni­sa­ti­ons ont atti­ré l’at­ten­ti­on sur les con­sé­quen­ces d’u­ne déré­gu­la­ti­on.

Cet­te der­niè­re exclu­rait les orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és issus des NTG de la légis­la­ti­on actu­el­le sur le génie géné­tique. Ain­si, une gran­de majo­ri­té de ces orga­nis­mes pour­rai­ent être mis en cir­cula­ti­on sans éva­lua­ti­on des ris­ques. Aucu­ne sur­veil­lan­ce envi­ron­ne­men­ta­le ne serait pré­vue après la dis­sé­mi­na­ti­on. Les effets sur l’hom­me, l’ani­mal et l’en­vi­ron­ne­ment ne serai­ent ni éva­lués à l’a­van­ce ni sui­vis par la suite. La sup­pres­si­on du sui­vi et de l’é­ti­que­ta­ge des den­rées ali­men­tai­res ent­raî­nerait éga­le­ment la dis­pa­ri­ti­on de la liber­té de choix des dif­fé­ren­tes par­ties pren­an­tes tout au long de la chaî­ne de créa­ti­on de valeur ali­men­tai­re, sans oublier les con­som­ma­teurs.

Plu­sieurs con­sé­quen­ces con­crè­tes en décou­lent pour le sec­teur ali­men­tai­re :

1. Les bre­vets sur les NTG auto­ri­sent la bio­pi­ra­te­rie
Il exi­ste d’o­res et déjà un grand nombre de bre­vets portant sur des pro­prié­tés, des séquen­ces géné­ti­ques ou des gènes entiers qui sont éga­le­ment prés­ents dans des plan­tes natu­rel­les et cul­ti­vées de maniè­re con­ven­ti­on­nel­le.

2. Une insé­cu­ri­té juri­di­que accrue pour les sélec­tion­neurs et les agri­cul­teurs
La pri­va­tisa­ti­on crois­s­an­te des semen­ces ent­raî­ne une insé­cu­ri­té juri­di­que accrue et un ris­que accru d’ac­tions en justi­ce pour vio­la­ti­on de bre­vet. Les sélec­tion­neurs dépen­dent d’u­ne lar­ge base de res­sour­ces géné­ti­ques. Les bre­vets leur ren­dent l’ac­cès à cel­le-ci net­te­ment plus dif­fi­ci­le.

3. Men­ace sur l’ag­ri­cul­tu­re bio­lo­gi­que et sans OGM
Les pro­po­si­ti­ons actu­el­les ne con­ti­en­nent aucu­ne base juri­di­que ou pra­tique pour des mesu­res de coexi­stence visa­nt à pro­té­ger l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM et l’ag­ri­cul­tu­re bio­lo­gi­que de la con­ta­mi­na­ti­on par des plan­tes GM. Cela met en dan­ger l’e­xi­stence des filiè­res de pro­duc­tion sans OGM.

4. Dépen­dance des agri­cul­teurs vis-à-vis des mul­ti­na­tio­na­les de l’agrochimie
Il est pro­ba­ble qu’u­ne déré­gle­men­ta­ti­on s’ac­com­pa­gne d’u­ne nou­vel­le con­cen­tra­ti­on de l’in­du­strie semen­ciè­re et que les prix des semen­ces aug­men­tent. Les agri­cul­teurs auront donc des coûts de pro­duc­tion enco­re plus éle­vés et sont à la mer­ci d’un petit nombre de grands grou­pes.

5. Moins de diver­si­té des semen­ces et des ris­ques pour la sécu­ri­té ali­men­tai­re
La con­cen­tra­ti­on du mar­ché des semen­ces ain­si que la bio­pi­ra­te­rie ent­raî­ne­ront une dimi­nu­tion de la diver­si­té des semen­ces, car les mul­ti­na­tio­na­les con­cen­tre­ront la pro­duc­tion de semen­ces sur quel­ques varié­tés com­mer­cia­li­sables indu­stri­el­le­ment. Cela va à l’en­cont­re de la sou­ve­rai­ne­té ali­men­tai­re et peut éga­le­ment mett­re en dan­ger la sécu­ri­té ali­men­tai­re.

6. Vul­né­ra­bi­li­té crois­s­an­te de la chaî­ne ali­men­tai­re
La déré­gu­la­ti­on pré­vue ren­forcerait le con­trô­le de nos chaî­nes ali­men­tai­res par un petit nombre d’entre­pri­ses. Cela ren­drait la pro­duc­tion ali­men­tai­re dépen­dan­te et plus vul­né­ra­ble aux chocs exter­nes (guer­res, etc.).

Pour ces rai­sons, les orga­ni­sa­ti­ons appel­lent, dans leur pri­se de posi­ti­on, les Etats mem­bres de l’UE à pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment, la popu­la­ti­on ain­si que les cul­ti­va­teurs et les agri­cul­teurs et deman­dent de mett­re un ter­me à la déré­gle­men­ta­ti­on des plan­tes issues des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique.
L’ASGG sou­ti­ent les reven­dica­ti­ons de la pri­se de posi­ti­on et exi­ge des règles stric­tes pour le nou­veau génie géné­tique, comp­te tenu des pro­jets de déré­gle­men­ta­ti­on en Suis­se.

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