(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Les brevets bloquent la sélection végétale : un rapport de « No patents on seeds ! »

En Euro­pe, seu­les les plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées peu­vent être bre­ve­tées. Néan­mo­ins, l’Of­fice euro­pé­en des bre­vets (OEB) déli­v­re des bre­vets sur des varié­tés cul­ti­vées de maniè­re con­ven­ti­on­nel­le, et ce n’est pas rare, com­me le mont­re un rap­port de « Kei­ne Paten­te auf Saat­gut ! » (Pas de bre­vets sur les semen­ces !). En effet, plus de 1 300 varié­tés végé­ta­les sont déjà con­cer­nées par de tels bre­vets. Les fon­de­ments de la sélec­tion végé­ta­le en Euro­pe sont ain­si men­acés, car les sélec­tion­neurs ne peu­vent plus uti­li­ser libre­ment les varié­tés végé­ta­les issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le com­me maté­ri­el de base.

« Jamais l’ac­cès aux varié­tés végé­ta­les issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le n’a été aus­si for­te­ment ent­ra­vé par les bre­vets qu’au­jour­d’hui », décla­re Johan­na Eck­hardt de Kei­ne Paten­te auf Saat­gut!. « Ces bre­vets men­acent le droit des sélec­tion­neurs euro­pé­ens à uti­li­ser libre­ment des varié­tés végé­ta­les issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le. »

Les gran­des ent­re­pri­ses procè­dent de maniè­re astu­cieu­se pour obte­nir des bre­vets : afin de bre­ve­ter une carac­té­ri­stique natu­rel­le­ment pré­sen­te dans une plan­te, elles ajou­tent de nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques afin que cet­te carac­té­ri­stique puis­se être pré­sen­tée com­me une inven­ti­on et bre­ve­tée. Le bre­vet EP3380618 de la socié­té alle­man­de KWS en est un bon exemp­le. Il con­cer­ne le maïs qui peut être cul­ti­vé dans les régions nor­di­ques, car il sup­porte des tempé­ra­tures plus bas­ses. Les vari­an­tes géné­ti­ques respons­ables de la tolé­rance au fro­id ont été décou­ver­tes à l’o­ri­gi­ne dans des lig­nées végé­ta­les exi­stan­tes. Selon le bre­vet, la socié­té KWS a uti­li­sé la muta­genè­se alé­a­toire, mais men­ti­on­ne éga­le­ment la pos­si­bi­li­té de « repro­dui­re » le maïs à l’ai­de du génie géné­tique. Or, ces pro­cé­dés ne sont pas du tout néces­saires pour cul­ti­ver les plan­tes sou­hai­tées.

C’est pour­quoi Pas de bre­vets sur les semen­ces ! a dépo­sé une oppo­si­ti­on cont­re le bre­vet. Une décis­i­on à ce sujet sera pri­se le 15 octobre par l’Of­fice euro­pé­en des bre­vets lors d’u­ne audi­ence publi­que. Si le bre­vet est main­te­nu, il con­cer­ne­ra éga­le­ment la cul­tu­re con­ven­ti­on­nel­le.

Les ent­re­pri­ses qui cul­tiv­ent avec suc­cès depuis des décen­nies de nou­vel­les varié­tés, notam­ment pour l’ag­ri­cul­tu­re bio­lo­gi­que, se sen­tent men­acées. C’est le cas de l’entre­pri­se néer­lan­dai­se Nor­dic Mai­ze Bree­ding : « Nous devons nous attendre à être con­cer­nés par les bre­vets et les pro­cé­du­res judi­ciai­res même si nous con­ti­nuons à tra­vail­ler uni­quement avec des varié­tés cul­ti­vées de maniè­re con­ven­ti­on­nel­le ».

Des chif­fres alar­mants – les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques ent­raî­nent une aug­men­ta­ti­on

En 2023, envi­ron 80 bre­vets ont été déli­v­rés sur des plan­tes, dont 20 sur des plan­tes issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le, selon « Kei­ne Paten­te auf Saat­gut ! » (Pas de bre­vets sur les semen­ces !). Plu­sieurs espè­ces sont con­cer­nées, notam­ment les con­com­bres, le maïs, les melons, les poi­v­rons, le colza, les épi­nards, les toma­tes et le blé. Par­mi les titu­lai­res de bre­vets : Nunhems/BASF, Enza Zaa­den, KWS, Rijk Zwa­an, Seminis/Bayer et ChemChina/Syngenta.

Si les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques sont déré­gle­men­tées, on ris­que d’as­si­ster à une aug­men­ta­ti­on spec­ta­cu­lai­re des bre­vets sur les plan­tes issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le. Si les séquen­ces géné­ti­ques qui déter­mi­nent une carac­té­ri­stique sou­hai­tée sont copiées à l’ai­de des cise­aux géné­ti­ques CRISPR/Cas, cela suf­fit pour bre­ve­ter l’« inven­ti­on » ain­si cré­ée. De plus, ces bre­vets ont une lar­ge por­tée et s’é­ten­dent non seu­le­ment à la plan­te modi­fi­ée à l’ai­de des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique, mais aus­si aux muta­ti­ons géné­rées de maniè­re alé­a­toire. Sou­vent, de nombreu­ses plan­tes dif­fé­ren­tes pré­sen­tant la même séquence géné­tique sont éga­le­ment con­cer­nées, qu’el­le ait été cré­ée en labo­ra­toire ou qu’el­le soit natu­rel­le. Les grou­pes agro­ali­men­tai­res acquiè­rent ain­si le con­trô­le de la sélec­tion végé­ta­le et limi­tent les pos­si­bi­li­tés des sélec­tion­neurs.

Au sein de l’UE, les bre­vets sur les plan­tes font actu­el­le­ment l’ob­jet d’un vif débat. Les bre­vets sur les plan­tes issues de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le peu­vent être inter­dits en ver­tu de la direc­ti­ve euro­pé­en­ne 98/44 sur les bre­vets, si les inter­dic­tions exi­stan­tes sont cor­rec­te­ment inter­pré­tées, com­me le con­fir­me l’as­so­cia­ti­on autri­chi­en­ne Arche Noah, membre de Kei­ne Paten­te auf Saat­gut! (Pas de bre­vets sur les semen­ces !).

Aper­çu des prin­ci­pa­les reven­dica­ti­ons :

Les bre­vets sur la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le doi­vent être inter­dits, y com­pris ceux sur les muta­ti­ons alé­a­toires et l’uti­li­sa­ti­on de vari­an­tes géné­ti­ques natu­rel­les. Une sécu­ri­té juri­di­que pour les sélec­tion­neurs afin qu’ils puis­sent con­tin­uer à avoir accès aux res­sour­ces géné­ti­ques pour leurs acti­vi­tés de sélec­tion sans être con­traints de con­clu­re des cont­rats de licence ou men­acés de pour­suites judi­ciai­res. Les bases de la sélec­tion et de la pro­duc­tion ali­men­tai­re doi­vent rester libre­ment acces­si­bles et ne doi­vent pas être con­trôlées par quel­ques gran­des ent­re­pri­ses.

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