(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Nouvelles technologies génétiques : simple effet de mode ?

Pro­mes­ses allé­chan­tes, réa­li­té déce­van­te : même après de nombreu­ses années de recher­che, la per­ti­nence com­mer­cia­le des plan­tes issues des nou­vel­les tech­no­lo­gies géné­ti­ques (NGT) reste très fai­ble. C’est ce qui res­sort du rap­port récem­ment publié par l’As­so­cia­ti­on euro­pé­en­ne de l’in­du­strie non-OGM (ENGA). Seu­les trois plan­tes NGT sont com­mer­cia­li­sées dans le mon­de, y com­pris dans les pays où la régle­men­ta­ti­on est moins stric­te. Les pro­prié­tés per­ti­nen­tes pour le cli­mat et aut­res con­tri­bu­ti­ons à la dura­bi­li­té sont pra­ti­quement inexi­stan­tes.

Le rap­port est le résul­tat d’u­ne recher­che récen­te et appro­fon­die visa­nt à four­nir aux ent­re­pri­ses ali­men­tai­res un aper­çu mon­di­al de la réa­li­té du mar­ché des plan­tes NGT. Alors que les grou­pes agri­co­les influ­ents et les sci­en­ti­fi­ques qui leur sont asso­ciés exer­cent une pres­si­on inten­se pour une déré­gle­men­ta­ti­on éten­due des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques, le rap­port sur­prend par son image déce­van­te :

  • seu­les trois plan­tes NGT sont com­mer­cia­li­sées dans le mon­de (deux aux États-Unis et une au Japon).
  • 49 plan­tes sont en cours de déve­lo­p­pe­ment ou à dif­fér­ents sta­des d’au­to­ri­sa­ti­on, mais aucu­ne n’est actu­el­le­ment cul­ti­vée.
  • Par­mi cel­les-ci, pra­ti­quement aucu­ne ne con­tri­bue à la dura­bi­li­té (seu­le­ment deux plan­tes cul­ti­vées), con­trai­re­ment à ce que pro­met­tent leurs par­tis­ans.

Pro­duit life­style desti­né à une cli­entèle aisée : une toma­te géné­ti­quement modi­fi­ée cen­sée favo­ri­ser le som­meil.

De plus, les plan­tes NGT déjà auto­ri­sées ne font pas tou­jours leurs preu­ves sur le ter­rain – les appli­ca­ti­ons de cet­te tech­no­lo­gie en sont enco­re au sta­de de la vali­da­ti­on du con­cept. Ain­si, les deux pre­miè­res plan­tes NGT com­mer­cia­li­sées ont déjà été reti­rées du mar­ché en rai­son de leur échec.

Attendre plutôt que d’au­to­ri­ser pré­ci­pi­tam­ment !

Mal­gré des pro­mes­ses de dura­bi­li­té exa­gé­rées et des inve­stis­se­ments publics et pri­vés se chif­frant en mil­li­ards, l’ar­ri­vée mas­si­ve de nou­vel­les plan­tes GM dur­a­bles sur le mar­ché mon­di­al reste donc une chimè­re. Deux des plan­tes modi­fi­ées avec CRISPR et cul­ti­vées à ce jour pro­dui­sent des insec­ti­ci­des et sont rési­stan­tes aux her­bici­des (deux varié­tés de maïs aux États-Unis). Des pro­prié­tés qui étai­ent déjà recher­chées par l’an­ci­en­ne tech­no­lo­gie géné­tique et qui ont ent­raî­né des pro­blè­mes con­sidé­ra­bles. La troi­siè­me plan­te – une toma­te à teneur éle­vée en aci­de gam­ma-ami­no­bu­ty­ri­que, cen­sée fai­re bais­ser la ten­si­on arté­ri­el­le – fait par­tie des pro­duits dits « life­style », con­çus pour une cli­entèle aisée. Tou­tes ces pro­prié­tés sont mono­gé­ni­ques, c’est-à-dire con­trôlées par un seul gène. Les carac­té­ri­sti­ques plus com­ple­xes, tel­les que la tolé­rance à la sécher­es­se, se heur­tent aux limi­tes tech­ni­ques de la faisa­bi­li­té. Pour­quoi alors cet­te pré­ci­pi­ta­ti­on ? Pour­quoi une déré­gle­men­ta­ti­on sans éva­lua­ti­on com­plè­te des ris­ques, com­me le pré­voit le Con­seil fédé­ral dans son pro­jet de loi spé­cia­le au nom trom­peur de « loi sur les tech­no­lo­gies de sélec­tion » ?

La SAG s’op­po­se à une déré­gle­men­ta­ti­on pré­ci­pi­tée et pren­dra posi­ti­on de maniè­re cri­tique lors de la con­sul­ta­ti­on sur la loi sur les tech­no­lo­gies de sélec­tion. Cela va dans le sens du prin­ci­pe de pré­cau­ti­on, qui est un élé­ment cen­tral de la légis­la­ti­on envi­ron­ne­men­ta­le en Euro­pe et de la Con­sti­tu­ti­on fédé­ra­le. Car une fois libé­rée, la tech­no­lo­gie géné­tique est irré­ver­si­ble. La sélec­tion et la pro­duc­tion sans OGM doi­vent con­tin­uer à être pro­té­gées cont­re la con­ta­mi­na­ti­on et la dépen­dance. Lorsque des OGM sont prés­ents, cela doit être indi­qué. Cela cor­re­spond aux atten­tes des con­som­ma­teurs, qui exi­gent la liber­té de choix et la trans­pa­rence. 

Articles actuels sur le sujet

Risques florissants – Le génie génétique menace les écosystèmes

Pommes de terre génétiquement modifiées : un projet controversé d’Agroscope en décalage avec les besoins suisses

Initiative « Pour des aliments sans OGM » déposée le 27 février 2026. Un signal fort en faveur de la liberté de choix et d’une évaluation rigoureuse des risques des nouvelles techniques de génie génétique

La présidence danoise fait pression pour la déréglementation des OGM dans l’UE

Je participe :

Les semences et les denrées alimentaires issues des nouvelles techniques génétiques pourraient bientôt être commercialisées sans étiquetage ni évaluation des risques. Qu'en pensez-vous ?

Afin de savoir ce qui se retrouve dans nos assiettes, nous recueillons des avis issus de la pratique.

Voici comment procéder :

  1. Téléchargez le questionnaire correspondant.
  2. Répondez à 1 à 3 questions.
  3. Envoyez-nous vos réponses, le nom de votre entreprise et une photo haute résolution par e-mail à info@stopogm.ch

Petit sondage destiné aux acteurs des secteurs suivants :

Vous pouvez également demander les questions sous forme de document Word : info@stopogm.ch

Nous publierons votre contribution sur notre page de campagne et la partagerons sur les réseaux sociaux. Aidez-nous à garantir la transparence, la liberté de choix et la durabilité ! Merci pour votre soutien.

Des questions ?

Envoyez un e-mail à info@stopogm.ch

Veranstaltung:

Zürich isst! Sichern Sie sich Ihr Ticket für unsere Filmvorführungen mit anschliessenden Podien!

Im September 2015 steht ganz Zürich im Zeichen von Ernährung, Umwelt und Genuss. «Zürich isst» bietet der Bevölkerung mit vielfältigen Veranstaltungen die Gelegenheit, sich mit Fragen einer nachhaltigen Ernährung auseinanderzusetzen. Zum Programm: www.zuerich-isst.ch. DIE ZUKUNFT PFLANZEN – BIO FÜR 9 MILLIARDEN       
23. September 2015, 18 bis 21.30, Riffraff Kino Zürich