(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

CP : La nouvelle loi spéciale sur le génie génétique annule le principe de précaution et induit les consommateurs en erreur

Le 2 avril 2025, le Con­seil fédé­ral a ouvert la pro­cé­du­re de con­sul­ta­ti­on sur la “loi fédé­ra­le sur les végé­taux issus des nou­vel­les tech­no­lo­gies de sélec­tion”, qui vise à déré­gu­ler l’uti­li­sa­ti­on des végé­taux issus des tech­ni­ques de génie géné­tique de type CRISPR/Cas . Ce faisant, le Con­seil fédé­ral sape le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on, ouvre des brè­ches dans l’éva­lua­ti­on des ris­ques, rest­reint mas­si­ve­ment la liber­té de choix des con­som­ma­teurs et met en dan­ger la pro­duc­tion sans OGM. L’Al­li­ance suis­se pour une agri­cul­tu­re sans génie géné­tique rejet­te caté­go­ri­quement le pro­jet du Con­seil fédé­ral. Elle exi­ge que ces OGM soi­ent régle­men­tés dans le cad­re de la loi actu­el­le sur le génie géné­tique.


« Avec cet­te loi, on ouvre grand la por­te aux OGM sans même les nom­mer. Nous aurons des OGM bre­ve­tés dans nos champs et nos assi­et­tes sans éva­lua­ti­on des ris­ques, sans trans­pa­rence et sans règles clai­res qui garan­tis­sent une sépa­ra­ti­on des filiè­res. Avec cet­te loi, on enterre le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on, on met la trans­pa­rence « sous le tapis » et la con­fi­ance aux oubli­et­tes » décla­re Lui­gi D’Andrea, direc­teur de l’ASGG. En uti­li­sant le ter­me “tech­no­lo­gies de sélec­tion”, le génie géné­tique est déli­bé­ré­ment éva­cué du dis­cours, alors même que le Con­seil fédé­ral recon­naît que les tech­ni­ques de type CRISPR/Cas sont des tech­ni­ques de génie géné­tique et ses pro­duits des OGM.
Les nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique sont uti­li­sées pour inter­ve­nir direc­te­ment dans le patri­moi­ne géné­tique d’organismes en « pira­tant » les méca­nis­mes géné­ti­ques natu­rels tout en ayant peu de com­pré­hen­si­on du fonc­tion­ne­ment des géno­mes. Avec CRISPR/cas, même sans intro­dui­re de gène étran­ger à l’espèce, et le type de modi­fi­ca­ti­on que l’on sou­hai­te déré­gu­ler au niveau euro­pé­en, il serait pos­si­ble de déve­lo­p­per des plan­tes très toxi­ques pour les insec­tes par exemp­le. Ce type d’OGM ne serait ni éva­lué pour sa sécu­ri­té envi­ron­ne­men­ta­le ni sani­taire. Les modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques pos­si­bles ne sont pas « juste des peti­tes modi­fi­ca­ti­ons pou­vant être obte­nues natu­rel­le­ment », mais peu­vent chan­ger de maniè­re importan­te la phy­sio­lo­gie des orga­nis­mes. Les ris­ques pour l’hom­me, l’ani­mal et l’en­vi­ron­ne­ment doi­vent être exami­nés au cas par cas. Or c’est pré­cis­é­ment cet­te éva­lua­ti­on qui pas­se à la trap­pe et le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on qui est mis à mal.

Le pro­jet reste flou sur des aspects essen­tiels tels que la coexi­stence, la responsa­bi­li­té, l’étiquetage ou la sur­veil­lan­ce envi­ron­ne­men­ta­le, car ils délè­guent ces aspects au niveau des ordon­nan­ces. Ces points ne sont justem­ent pas des détails régle­men­tai­res, mais tou­ch­ent direc­te­ment à la liber­té de choix des agri­cul­teurs et des con­som­ma­teurs, sans par­ler de la responsa­bi­li­té des détail­lants. L’application de ces points doit pou­voir être débat­tue à un niveau par­le­men­tai­re.
En l’état, l’application de cet­te loi engend­rerait des sur­coûts importants pour les filiè­res sans OGM, expo­se­rait les agri­cul­teurs et/ou les met­teurs en mar­ché à des ris­ques finan­ciers sévè­res tout en créant un dégât d’image important pour l’agriculture suis­se qui mise sur la qua­li­té autant dans son mar­ché inté­ri­eur que d’exportation.


La loi ne con­ti­ent rien sur les bre­vets. Les nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique sont bre­ve­tées et leur uti­li­sa­ti­on dans la sélec­tion végé­ta­le com­mer­cia­le sera chè­re. L’idée n’est pas de les rend­re acces­si­ble aux peti­tes PME, mais de ver­rouil­ler le mar­ché et l’accès à la tech­no­lo­gie. Le modè­le d’affaires des mul­ti­na­tio­na­les qui déti­en­nent les droits évo­lue en effet vers la pri­va­tisa­ti­on de séquen­ces géné­ti­ques et de leurs fonc­tions afin de pou­voir ensuite les louer en per­ce­vant des roy­al­ties. Le pri­vilè­ge des obten­teurs est vidé de sa sub­stance et l’innovation varié­ta­le est gra­ve­ment men­acée. Le pro­jet de loi LNTS ne garan­tit pas les méca­nis­mes de pro­tec­tion essen­tiels du droit de la pro­prié­té intellec­tu­el­le et men­ace la sélec­tion tra­di­ti­on­nel­le essen­ti­el­le pour l’agriculture suis­se.


L’ASGG a étu­dié en détail le pro­jet de loi et pro­po­se une pri­se de posi­ti­on détail­lée dis­po­ni­ble ici.

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