(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Prolongation possible du moratoire sur le génie génétique jusqu’en 2030 — le nouveau génie génétique est aussi du génie génétique

Le Con­seil fédé­ral a fait savoir aujour­d’hui qu’il sou­te­nait non seu­le­ment l’in­ter­ven­ti­on de la CSEC‑N visa­nt à pro­lon­ger le mora­toire sur le génie géné­tique jus­qu’en 2027, mais qu’il pro­po­sait même d’é­tendre cet­te pro­lon­ga­ti­on jus­qu’en 2030. Ceci dans l’in­ten­ti­on d’a­voir suf­fi­sam­ment de temps pour for­mu­ler la loi de déré­gle­men­ta­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques. L’Al­li­ance suis­se spour une agri­cul­tu­re sans OGM (ASGG) salue la pro­po­si­ti­on de pro­lon­ga­ti­on du mora­toire, mais se mont­re cri­tique à l’é­gard des plans de dé-régle­men­ta­ti­on.

Dans un com­mu­ni­qué de pres­se du 29 jan­vier 2025, le Con­seil fédé­ral se décla­re d’ac­cord avec une pro­lon­ga­ti­on du mora­toire sur le génie géné­tique. Ce faisant, il va au-delà de la pro­po­si­ti­on de la CSEC‑N qui, par le biais de l’initia­ti­ve par­le­men­tai­re 24.443 “Pro­lon­ga­ti­on du mora­toire actuel sur le génie géné­tique”, vou­lait obte­nir une pro­lon­ga­ti­on de deux ans jus­qu’à fin 2027. Le Con­seil fédé­ral pro­po­se une pro­lon­ga­ti­on de cinq ans jus­qu’à fin 2030. Le mora­toire sur le génie géné­tique est une inter­dic­tion tem­po­rai­re de cul­ti­ver des plan­tes géné­ti­quement modi­fi­ées dans l’ag­ri­cul­tu­re. Sans pro­lon­ga­ti­on, le mora­toire expi­rerait fin 2025.

La rai­son de cet­te pro­lon­ga­ti­on est le retard pris dans la nou­vel­le régle­men­ta­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques (NGT). De plus, on attend ain­si les résul­tats des pro­ces­sus légis­la­tifs actu­el­le­ment blo­qués dans l’UE. En effet, com­me le Con­seil fédé­ral l’a­vait com­mu­ni­qué en sep­tembre, la légis­la­ti­on suis­se doit s’in­spi­rer de cel­le de l’UE.

Sur le prin­ci­pe, l‘ASGG salue la recom­man­da­ti­on du Con­seil fédé­ral de pro­lon­ger le mora­toire sur les OGM non pas de deux, mais de cinq ans. Actu­el­le­ment, il n’e­xi­ste sur le mar­ché aucu­ne varié­té qui serait uti­le à l’ag­ri­cul­tu­re suis­se. Il n’y a donc pas d’ur­gence

Néan­mo­ins, l‘ASGG voit d’un œil cri­tique l’é­vo­lu­ti­on de la posi­ti­on du Con­seil fédé­ral vis-à-vis des NGT. En effet, les nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques sont elles aus­si des tech­ni­ques de génie géné­tique et doi­vent être régulées et décla­rées com­me tel­les. Elles doi­vent éga­le­ment être sou­mi­ses à un examen minu­ti­eux des ris­ques au cas par cas pour pro­té­ger l’hom­me, l’ani­mal et l’en­vi­ron­ne­ment. L‘ASGG con­ti­n­ue à défend­re les inté­rêts d’u­ne Suis­se sans OGM et sou­ti­ent les reven­dica­ti­ons de l’initia­ti­ve popu­lai­re “pour des ali­ments pro­duits sans mani­pu­la­ti­ons géné­ti­ques”. Seu­le une régle­men­ta­ti­on stric­te du génie géné­tique per­mettra d’é­vi­ter les dom­mages éco­lo­gi­ques et éco­no­mi­ques ain­si que la dépen­dance du système agri­co­le envers des tech­no­lo­gies et des pro­duits bre­ve­tés.

Lors de la der­niè­re pro­lon­ga­ti­on du mora­toire en 2021, le Par­le­ment a char­gé le Con­seil fédé­ral de pré­sen­ter au Par­le­ment une régle­men­ta­ti­on de l’ad­mis­si­on des NTG basée sur les ris­ques (voir art. 37a dans la LGG). Le pro­jet de loi aurait dû être pré­sen­té au Par­le­ment au plus tard à la mi-2024, mais des retards ont été enre­gi­strés.
Etant don­né que les pro­duits obte­nus avec l’utilisation des NTG sont éga­le­ment des OGM, la con­clu­si­on logi­que serait de les régle­men­ter dans la loi exi­stan­te sur le génie géné­tique. Le Con­seil fédé­ral suit cepen­dant l’exemp­le de l’UE, dans lequel elle sou­hai­te régle­men­ter les NTG dans une loi sépa­rée. Déjà à l’é­po­que, l’Of­fice fédé­ral de la justi­ce avait émis de sévè­res cri­ti­ques : “La régle­men­ta­ti­on des nou­veaux pro­cé­dés de génie géné­tique dans une loi spé­cia­le ent­raî­ne une con­fu­si­on sur la véri­ta­ble natu­re des métho­des et des pro­duits qui en résul­tent”. L‘ASGG trouve éga­le­ment ces déve­lo­p­pe­ments inquié­tants.

 

Défi­ni­ti­on de nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques :

Les tech­ni­ques tel­les que CRISPR/Cas font par­tie des nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques (NTG, éga­le­ment appelées nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique). Les NTG sont des tech­ni­ques de génie géné­tique, mais elles sont éga­le­ment appelées, de maniè­re trom­peu­se, nou­vel­les tech­no­lo­gies de sélec­tion. Les NTG per­met­tent d’ob­te­nir des modi­fi­ca­ti­ons du géno­me avec une rapi­di­té et une pro­fon­deur d’in­ter­ven­ti­on accrue. Il est par exemp­le pos­si­ble de modi­fier simul­ta­né­ment plu­sieurs end­roits du patri­moi­ne géné­tique (mul­ti­pli­ng) ou de neu­tra­li­ser les méca­nis­mes de pro­tec­tion natu­rels cont­re les muta­ti­ons dans des régions du patri­moi­ne géné­tique essen­ti­el­les à la sur­vie. La vites­se accrue à laquel­le les muta­ti­ons peu­vent être géné­rées réduit le temps de détec­tion des dan­gers et aug­men­te ain­si le poten­tiel de ris­que de ces tech­ni­ques. Pour­tant, la recher­che sur les ris­ques est qua­si­ment inexi­stan­te.

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