(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Actualités — Avis juridique brevets

Le grou­pe par­le­men­tai­re alle­mand Bünd­nis 90/Die Grü­nen a com­man­dé un avis juri­di­que sur la pro­tec­tion par bre­vet des plan­tes obte­nues par l’uti­li­sa­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques (NTG). Il a éva­lué les pos­si­bi­li­tés de modi­fi­ca­ti­on du droit des bre­vets, notam­ment dans l’UE. Le résul­tat mont­re que les pro­po­si­ti­ons actu­el­les de l’UE sont irré­a­li­sables ou inap­pro­priées. Néan­mo­ins, il exi­ste quel­ques moy­ens d’ad­ap­ter le droit des bre­vets de maniè­re à ce que les sélec­tion­neurs et les agri­cul­teurs béné­fi­ci­ent d’u­ne plus gran­de sécu­ri­té juri­di­que et d’u­ne plus gran­de mar­ge de manœu­vre pour la sélec­tion.

 L’ex­per­ti­se a été moti­vée par deux pro­po­si­ti­ons de l’UE. Le Par­le­ment euro­pé­en avait sug­gé­ré d’ex­clu­re de la bre­ve­ta­bi­li­té les plan­tes modi­fi­ées par les NGT. Cet­te pro­po­si­ti­on a été sui­vie d’u­ne cont­re-pro­po­si­ti­on de la pré­si­dence bel­ge du Con­seil visa­nt à lier la déré­gle­men­ta­ti­on des NGT à l’a­ban­don des bre­vets.

Les deux pro­po­si­ti­ons visent à amé­lio­rer la situa­ti­on des sélec­tion­neurs con­fron­té à une  “jungle des bre­vets”. Depuis l’ap­pa­ri­ti­on des NGT, il est pos­si­ble de “repro­dui­re” tech­ni­quement des pro­prié­tés végé­ta­les pré­sen­tes dans des plan­tes sau­va­ges à l’ai­de du génie géné­tique et de les bre­ve­ter ensuite. Cela ent­raî­ne des défis et des pro­blè­mes pour la sélec­tion, qui dépend d’u­ne lar­ge base de semen­ces. L’ac­cès à cet­te base de semen­ces est for­te­ment limi­té par les bre­vets et les licen­ces éle­vées qui en décou­lent, ce qui peut ent­raî­ner un ren­ché­ris­se­ment des den­rées ali­men­tai­res. Une modi­fi­ca­ti­on du droit des bre­vets doit per­mett­re de remé­dier à cet­te situa­ti­on et d’é­vi­ter que quel­ques ent­re­pri­ses influ­en­tes ne déter­mi­nent indi­rec­te­ment not­re ali­men­ta­ti­on.

Le résul­tat de l’ex­per­ti­se mont­re tou­te­fois que les pro­po­si­ti­ons actu­el­les ne sont pas (enco­re) la solu­ti­on. Une inter­dic­tion com­plè­te des bre­vets sur les plan­tes issues des NGT  n’est pas réa­li­sable sur le plan juri­di­que. La cont­re-pro­po­si­ti­on de la pré­si­dence bel­ge du Con­seil est cer­tes juri­di­quement pos­si­ble, mais elle n’est pas appro­priée. La pre­miè­re con­sti­tuer­ait une vio­la­ti­on de la Con­ven­ti­on sur le bre­vet euro­pé­en et néces­si­terait donc une modi­fi­ca­ti­on de cet­te con­ven­ti­on à l’un­ani­mi­té des 39 États con­trac­tants, ce qui est pra­ti­quement ini­ma­gi­nable. La secon­de ferait dépend­re l’éva­lua­ti­on des ris­ques des plan­tes issues des NGT du fait que les semen­ces soi­ent ou non bre­ve­tées, ce qui ne fait aucun sens du point de vue bio­lo­gi­que

Il exi­ste tou­te­fois d’aut­res solu­ti­ons judi­cieu­ses pour adap­ter le droit des bre­vets et limi­ter les bre­vets exi­stants et futurs. D’u­ne part, il serait juri­di­quement pos­si­ble d’empêcher les bre­vets sur des séquen­ces de gènes et des pro­prié­tés végé­ta­les qui exi­stent aus­si à l’é­tat natu­rel. D’aut­re part, il pour­rait être éta­b­li que la pro­tec­tion par bre­vet ne con­cer­ne que la métho­de uti­li­sée, et non la pro­prié­té qui en résul­te. Ces deux élé­ments amé­lio­rerai­ent la sécu­ri­té juri­di­que des sélec­tion­neurs qui tra­vail­lent avec des semen­ces natu­rel­les et/ou sur des pro­prié­tés végé­ta­les sur les­quel­les le sec­teur du génie géné­tique effec­tue éga­le­ment des recher­ches.

Une aut­re pos­si­bi­li­té selon l’ex­per­ti­se serait d’é­tendre le pri­vilè­ge de l’ob­ten­teur, ce qui per­met­trait aux obten­teurs de cré­er et de com­mer­cia­li­ser de nou­vel­les varié­tés à par­tir de semen­ces bre­ve­tées, sans que la pro­tec­tion du bre­vet ne s’ap­pli­que à ces nou­vel­les varié­tés. En out­re, des mesu­res tel­les qu’un regist­re des bre­vets pour aug­men­ter la trans­pa­rence, la limi­ta­ti­on des droits des titu­lai­res de bre­vets en cas de refus d’in­for­ma­ti­on, ain­si que la fix­a­ti­on de rede­van­ces ou de licen­ces obli­ga­toires pour­rai­ent être envi­sa­gées.

En ce qui con­cer­ne les licen­ces obli­ga­toires, la Suis­se est citée en exemp­le dans le rap­port. Le droit suis­se des bre­vets off­re la pos­si­bi­li­té de défi­nir des licen­ces obli­ga­toires, notam­ment lorsqu’il exi­ste un inté­rêt public ( ). En prin­ci­pe, tou­te per­son­ne sou­hai­tant exploi­ter un bre­vet peut deman­der une tel­le licence obli­ga­toire, qui sera ensuite déci­dée par le Tri­bu­nal fédé­ral des bre­vets. En thé­o­rie, cet­te pos­si­bi­li­té pour­rait donc pro­fi­ter aux sélec­tion­neurs et aux ent­re­pri­ses agri­co­les dans le cas des bre­vets sur les plan­tes. En réa­li­té, les licen­ces obli­ga­toires n’ont enco­re jamais été accor­dées en Suis­se et les chan­ces de suc­cès en matiè­re de bre­vets sur les plan­tes dev­rai­ent donc être limi­tées.

Si des modi­fi­ca­ti­ons devai­ent être appor­tées au droit des bre­vets sur les plan­tes au niveau de l’UE, on peut s’at­tendre à ce que la légis­la­ti­on soit éga­le­ment adap­tée en con­sé­quence en Suis­se. Des chan­ge­ments qui con­dui­sent à plus de sécu­ri­té juri­di­que et de trans­pa­rence, ain­si qu’à une diver­si­té de semen­ces plus acces­si­ble, dev­rai­ent donc être à l’a­van­ta­ge des agri­cul­teurs et des sélec­tion­neurs suis­ses.

L’initia­ti­ve pour la pro­tec­tion des ali­ments, que l’ASGG a con­tri­bué à lan­cer, s’op­po­se elle aus­si à la rest­ric­tion de la sélec­tion con­ven­ti­on­nel­le qui résul­terait des bre­vets accor­dés sur les NGT et leurs pro­duits. Elle exi­ge que la por­tée des bre­vets ne s’é­ten­de pas aux plan­tes issues de la sélec­tion sans OGM.

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