(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Conseil fédéral : loi spéciale en préparation – sur le modèle de l’UE

Le Con­seil fédé­ral s’est expri­mé le 4 sep­tembre, avec un cer­tain retard, et a annon­cé qu’u­ne nou­vel­le loi spé­cia­le serait mise en con­sul­ta­ti­on en décembre 2024 seu­le­ment, et non à l’é­té 2024 com­me pré­vu. Cet­te loi spé­cia­le vise à régle­men­ter l’au­to­ri­sa­ti­on des nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques (NTG, éga­le­ment appelées nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques ou nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique). Il suit ain­si direc­te­ment l’exemp­le de l’UE, bien que la révi­si­on pré­vue de la légis­la­ti­on euro­pé­en­ne sur le génie géné­tique vio­le des prin­cipes fon­da­men­taux du droit euro­pé­en : elle cont­re­dit le prin­ci­pe de pré­cau­ti­on.

Par sa com­mu­ni­ca­ti­on, le Con­seil fédé­ral con­fir­me la crain­te qu’il sou­hai­te s’a­li­gner sur l’exemp­le de l’UE. La signi­fi­ca­ti­on de « l’ou­ver­tu­re pru­den­te » reste tota­le­ment obscu­re. Si l’on en croit les plans de déré­gle­men­ta­ti­on ambi­ti­eux de la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne, une tel­le adap­t­ati­on serait fata­le. En effet, les pro­duits issus des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique serai­ent auto­ri­sés sans éva­lua­ti­on des ris­ques et sans mesu­res de coexi­stence. Les ris­ques sont tota­le­ment absents du débat, alors que l’éva­lua­ti­on des ris­ques est l’é­lé­ment cen­tral du prin­ci­pe de pré­cau­ti­on, qui est éga­le­ment au cœur du droit con­sti­tu­ti­on­nel suis­se.

 

Les ris­ques liés aux nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique sont enco­re lar­ge­ment inex­plo­rés. Image: Shut­ter­stock

L’ASGG exi­ge des règles stric­tes

Afin de pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment, les êtres humains et les ani­maux, l’ASGG plai­de donc en faveur de :

  • Une éva­lua­ti­on des ris­ques stric­te des nou­vel­les tech­ni­ques de génie géné­tique dans chaque cas par­ti­cu­lier (prin­ci­pe de pré­cau­ti­on)
  • Le main­ti­en de la liber­té de choix grâ­ce à l’obli­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge et au déve­lo­p­pe­ment de métho­des de détec­tion
  • Des règles clai­res pour le génie géné­tique (règ­le de coexi­stence) et une responsa­bi­li­té régle­men­tée en cas de dom­mages selon le prin­ci­pe du pol­lueur-payeur
  • la pro­tec­tion des cul­tures sans OGM cont­re les bre­vets
  • la pro­mo­ti­on des alter­na­ti­ves aux cul­tures sans OGM et de la recher­che

La com­mu­ni­ca­ti­on du Con­seil fédé­ral est pré­oc­cu­p­an­te et n’est pas sur­pren­an­te, car elle coïn­ci­de avec le lance­ment de l’initia­ti­ve « pour des ali­ments sans OGM ». Don­nez l’exemp­le et signez dès main­tenant l’initia­ti­ve ! Par­lez-en autour de vous et enga­ge­ons-nous ensem­ble pour une agri­cul­tu­re sans OGM.

L’UE com­me modè­le

Quel­le direc­tion le Con­seil fédé­ral va-t-il prend­re ? Selon le com­mu­ni­qué de pres­se, les ent­ra­ves au com­mer­ce ent­re la Suis­se et l’UE doi­vent être évi­tées. On peut en con­clu­re qu’il céde­ra tôt ou tard à la pres­si­on de l’UE et donc aus­si de l’in­du­strie. Et ce, bien qu’il con­fir­me : « Il n’e­xi­ste enco­re aucu­ne varié­té qui pré­s­en­ter­ait un inté­rêt pour l’ag­ri­cul­tu­re suis­se. »

La Suis­se peut et doit agir autre­ment. À l’heu­re où le pro­ces­sus de nou­vel­le régle­men­ta­ti­on a été pro­vi­so­i­re­ment sus­pen­du dans l’UE, il n’y a pas lieu de se pré­ci­pi­ter : la Suis­se a le temps de trou­ver la légis­la­ti­on qui con­vi­ent à son agri­cul­tu­re à peti­te échel­le.

Uti­li­sa­ti­on trom­peu­se du lan­ga­ge

Par son choix de mots, il s’é­car­te du lan­ga­ge uti­li­sé par la Com­mis­si­on euro­pé­en­ne et crée une opa­ci­té en qua­li­fi­ant les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques de nou­vel­les métho­des de sélec­tion. Or, cel­les-ci n’ont rien à voir avec la sélec­tion. En effet, les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques sont aus­si des tech­ni­ques géné­ti­ques, com­me l’a con­fir­mé la Cour de justi­ce euro­pé­en­ne dans son arrêt de 2018.

L’ex­pli­ca­ti­on qui suit sur les dif­fé­ren­ces ent­re le génie géné­tique tra­di­ti­on­nel et le nou­veau génie géné­tique est éga­le­ment trom­peu­se et dépour­vue de tout fon­de­ment sci­en­ti­fi­que. Avec ce para­gra­phe, le Con­seil fédé­ral suit clai­re­ment le lob­by indu­stri­el, qui sou­hai­te décla­rer sûres les plan­tes issues du nou­veau génie géné­tique et ne con­tenant pas de gène étran­ger (trans­gè­ne) afin de les exclu­re du champ d’ap­pli­ca­ti­on de la loi sur le génie géné­tique. Or, le fait de renon­cer à l’in­tro­duc­tion de gènes étran­gers à l’e­spè­ce n’off­re pas une sécu­ri­té accrue. Les ris­ques ne sont pas liés à l’o­ri­gi­ne du gène insé­ré, mais à l’in­ter­ven­ti­on géné­tique elle-même, ain­si qu’aux effets liés à la séquence modi­fi­ée. La recher­che sur les ris­ques pré­sen­te tou­te­fois enco­re d’im­portan­tes lacu­nes. Le pre­mier essai de dis­sé­mi­na­ti­on d’u­ne plan­te CRISPR n’a été auto­ri­sé en Suis­se qu’en 2024.

Les pro­prié­tés liées au cli­mat, tel­les que la tolé­rance à la sécher­es­se, sont tech­ni­quement dif­fi­ci­les à réa­li­ser, car elles sont con­trôlées par de nombreux gènes. Image : Shut­ter­stock

Dans l’e­s­poir d’u­ne mise sur le mar­ché rapi­de et lucra­ti­ve, les ris­ques liés à cet­te tech­no­lo­gie sont tou­te­fois occul­tés. Or, cet­te nou­vel­le tech­ni­que géné­tique est loin d’être aus­si pré­cise que le pré­ten­dent ses par­tis­ans : les étu­des sur les effets non ciblés se mul­ti­pli­ent. Le ris­que aug­men­te éga­le­ment avec la pro­fon­deur d’in­ter­ven­ti­on accrue qu’el­le per­met (inter­ven­ti­ons mul­ti­ples simul­ta­nées, appelées mul­ti­ple­xa­ge, et modi­fi­ca­ti­on de loci géné­ti­ques par­ti­cu­liè­re­ment bien pro­té­gés cont­re les muta­ti­ons). La nou­vel­le tech­no­lo­gie géné­tique ne dis­po­se pas d’un histo­ri­que d’uti­li­sa­ti­on sûre, com­me c’est le cas de la muta­genè­se con­ven­ti­on­nel­le men­ti­onnée par le Con­seil fédé­ral.

Faus­ses pro­mes­ses

Les plan­tes rési­stan­tes à la sécher­es­se annon­cées par le Con­seil fédé­ral ne sont pas atten­dues dans un ave­nir pro­che, car elles sont con­trôlées par de nombreux gènes et dif­fi­ci­les à réa­li­ser sur le plan tech­ni­que. Un coup d’œil aux pipe­lines de déve­lo­p­pe­ment mont­re que la plu­part des déve­lo­p­pe­ments se con­cent­rent sur l’aug­men­ta­ti­on du ren­de­ment et les carac­té­ri­sti­ques de qua­li­té, les traits liés au cli­mat étant rares. Au lieu de cela, les travaux portent sur des carac­té­ri­sti­ques tech­ni­quement faci­les à mett­re en œuvre, mais non dur­a­bles, tel­les que la tolé­rance aux her­bici­des et les rési­stances mono­gé­ni­ques.

La nou­vel­le tech­no­lo­gie géné­tique n’est pas enco­re au point et doit donc être stric­te­ment régle­men­tée afin de pro­té­ger les êtres humains, les ani­maux et l’en­vi­ron­ne­ment cont­re les ris­ques !

 

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