(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Réglementation stricte du génie génétique – Une initiative garantit le principe de précaution et la liberté de choix

La régle­men­ta­ti­on du nou­veau génie géné­tique est sur tou­tes les lèv­res au niveau poli­tique : Dans l’UE, le lob­by indu­stri­el se diri­ge vers une déré­gu­la­ti­on. Dans not­re pays, le Con­seil fédé­ral déli­bè­re sur un pro­jet de loi. Il est temps que le grand public soit lui aus­si infor­mé des dis­cus­sions actu­el­les et qu’il par­ti­ci­pe à leur éla­bo­ra­ti­on. L’As­so­cia­ti­on pour des ali­ments sans OGM a publié aujour­d’hui le tex­te de son initia­ti­ve de régu­la­ti­on. La SAG y par­ti­ci­pe acti­ve­ment : avec Bio-Suis­se et l’as­so­cia­ti­on Gen Au Rhein­au, elle sou­ti­ent acti­ve­ment l’as­so­cia­ti­on.

Lors de la der­niè­re pro­lon­ga­ti­on du mora­toire sur le génie géné­tique en 2021, le Con­seil fédé­ral a reçu le man­dat d’é­la­bo­rer la régle­men­ta­ti­on du nou­veau génie géné­tique. Un pro­jet d’ac­te légis­la­tif aurait dû être mis en con­sul­ta­ti­on à la mi-juin 2024. Mais le Con­seil fédé­ral a repous­sé la publi­ca­ti­on à la fin des vacan­ces d’é­té. Afin d’im­pli­quer la popu­la­ti­on dans le pro­ces­sus de décis­i­on, l’As­so­cia­ti­on pour des ali­ments sans OGM a pré­pa­ré une initia­ti­ve qui ancre une régle­men­ta­ti­on stric­te du génie géné­tique — y com­pris pour les nou­veaux pro­cé­dés de génie géné­tique.

En Suis­se, l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM a une longue histoire. En 2005, le mora­toire dans le cad­re de l’initia­ti­ve “sans OGM” a été adop­té à l’un­ani­mi­té par tous les can­tons, créant ain­si un critère de qua­li­té clair pour l’ag­ri­cul­tu­re suis­se. Jus­qu’à pré­sent, la cul­tu­re et l’uti­li­sa­ti­on com­mer­cia­les d’or­ga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és sont inter­di­tes dans l’ag­ri­cul­tu­re. L’en­vi­ron­ne­ment, les con­som­ma­teurs et la pro­duc­tion en pro­fi­tent.

Car jus­qu’à pré­sent, les pro­mes­ses de l’in­du­strie en matiè­re de génie géné­tique ne se sont pas con­cré­ti­sées. Au con­trai­re ! Dans le mon­de entier — c’est-à-dire même dans les pays où la régle­men­ta­ti­on est plus laxi­ste — aucu­ne varié­té issue des nou­vel­les tech­no­lo­gies géné­ti­ques n’est cul­ti­vée avec des pro­prié­tés ayant un impact sur le cli­mat. La rai­son n’en est pas une régle­men­ta­ti­on stric­te, mais les limi­tes de la faisa­bi­li­té tech­ni­que. Au lieu de cela, l’in­du­strie mise sur des varié­tés et des carac­tères dont la pro­duc­tion est simp­le, car ils ne sont déter­mi­nés que par un ou quel­ques gènes. Par exemp­le sur la tolé­rance aux her­bici­des et les rési­stances mono­gé­ni­ques. Mais ces der­niè­res n’ont qu’un effet à court ter­me. Les rési­stances aux her­bici­des pol­lu­ent les sols en aug­men­tant la con­som­ma­ti­on de pesti­ci­des et d’her­bici­des, les rési­stances mono­gé­ni­ques sont rapi­de­ment bri­sées. Il en résul­te une cour­se cont­re la natu­re. En out­re, la plu­part des varié­tés de soja et de maïs géné­ti­quement modi­fi­ées sont cul­ti­vées pour l’a­li­men­ta­ti­on ani­ma­le et le bio­étha­nol. On pri­vilé­gie en out­re les pro­duits “life­style” desti­nés à une cli­entèle à fort pou­voir d’achat, com­me la toma­te GABA, cen­sée con­te­nir une sub­stance favo­ri­sant le som­meil (lien vers l’ar­tic­le) — de tels pro­duits ne per­met­tent pas de lut­ter cont­re la faim dans le mon­de.

L’initia­ti­ve deman­de cinq élé­ments cen­traux pour une uti­li­sa­ti­on sûre du génie géné­tique.

1. Une pro­cé­du­re d’au­to­ri­sa­ti­on avec un examen rigou­reux des ris­ques

La Suis­se doit fai­re preuve de pré­cau­ti­on. Les nou­vel­les tech­ni­ques géno­mi­ques en sont au sta­de de la preuve de con­cept. Les ris­ques liés à l’in­ter­ven­ti­on du génie géné­tique sont éga­le­ment liés au pro­ces­sus. C’est pour­quoi il ne suf­fit pas de véri­fier les ris­ques du pro­duit final. Il faut une éva­lua­ti­on com­plè­te des ris­ques pour pro­té­ger l’hom­me, l’ani­mal et l’en­vi­ron­ne­ment. La recher­che n’est pas ent­ra­vée par cet­te régle­men­ta­ti­on.
2. Mise en œuvre d’un éti­que­ta­ge obli­ga­toire pour pro­té­ger la liber­té de choix

Les orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és doi­vent être éti­que­tés de la semence à l’as­si­et­te. Le droit au choix et à la trans­pa­rence des pro­duc­teurs, des cul­ti­va­teurs et des con­som­ma­teurs doit être main­te­nu.

3. Des règles clai­res pour les uti­li­sa­teurs du génie géné­tique

Ceux qui veu­lent cul­ti­ver des OGM sont respons­ables de la pro­tec­tion de l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM. Des mesu­res effi­caces sont néces­saires pour empêcher le mélan­ge de pro­duits OGM et non-OGM ain­si que la con­ta­mi­na­ti­on de semen­ces non-OGM. Il faut par exemp­le limi­ter la con­ta­mi­na­ti­on par le pol­len dans les peti­tes régions de Suis­se par des mesu­res d’iso­la­ti­on. Les coûts liés à la garan­tie de la coexi­stence et à la responsa­bi­li­té en cas de dom­mages doi­vent être sup­port­és selon le prin­ci­pe du pol­lueur-payeur.

4. Ren­forcer l’in­dé­pen­dance des paysans et des paysan­nes

Les bre­vets sur les orga­nis­mes géné­ti­quement modi­fi­és peu­vent s’é­tendre aux plan­tes issues de la sélec­tion clas­si­que, par exemp­le si les séquen­ces géné­ti­ques bre­ve­tées sont pré­sen­tes dans ces plan­tes. Cela com­pli­que énor­mé­ment le tra­vail des petits et moy­ens cul­ti­va­teurs. En effet, d’u­ne part, ils man­quent de plus en plus de res­sour­ces géné­ti­ques et, d’aut­re part, ils ne peu­vent pas se per­mett­re de payer des droits de licence éle­vés.

5. La diver­si­té plutôt que le génie géné­tique

L’initia­ti­ve deman­de à la Con­fé­dé­ra­ti­on de pro­mou­voir acti­ve­ment des alter­na­ti­ves au génie géné­tique, que ce soit dans le domaine de la recher­che ou de la sélec­tion. Ce dont l’ag­ri­cul­tu­re a beso­in, c’est d’un chan­ge­ment de système vers une agri­cul­tu­re éco­lo­gi­que et diver­si­fi­ée. La lut­te cont­re les sym­ptô­mes par le biais du génie géné­tique n’a jus­qu’à pré­sent pas por­té ses fruits. Ce n’est qu’en éli­mi­nant les cau­ses et en adop­tant une appro­che glo­ba­le que l’on pour­ra par­ve­nir à une plus gran­de rési­li­ence, à la dura­bi­li­té et à la sécu­ri­té de l’ap­pro­vi­si­on­ne­ment. Cela com­prend éga­le­ment la pro­mo­ti­on de la sélec­tion bio­lo­gi­que et sans OGM ain­si que la recher­che agro-éco­lo­gi­que.

Le tex­te de l’initia­ti­ve est publié et l’initia­ti­ve est prête à être lan­cée. Plu­sieurs orga­ni­sa­ti­ons issues des domain­es de l’ag­ri­cul­tu­re, du com­mer­ce, de la pro­tec­tion des con­som­ma­teurs, de la gastro­no­mie et de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment sou­ti­en­nent déjà l’initia­ti­ve. Pour­rons-nous éga­le­ment comp­ter sur vous ?

Vous trou­verez de plus amp­les infor­ma­ti­ons et le tex­te publié de l’initia­ti­ve sur

https://www.protection-des-aliments.ch/
Posi­ti­on de l’ASGG

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