(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Au sein de l’UE, le débat sur l’é­la­bo­ra­ti­on d’u­ne loi visa­nt à déré­gle­men­ter les plan­tes issues des nou­vel­les tech­no­lo­gies géné­ti­ques (NGT) bat son plein depuis que, le 14 mars, une pro­po­si­ti­on de com­pro­mis de la pré­si­dence polo­nai­se du Con­seil a obte­nu une cour­te majo­ri­té par­mi les repré­sen­tants per­ma­nents des États mem­bres de l’UE. L’in­du­strie et la socié­té civi­le s’ex­pri­ment éga­le­ment sur la dis­cus­sion actu­el­le.

Les points con­tro­ver­sés du débat sont l’ob­li­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge et la tra­ça­bi­li­té. En effet, selon la pro­po­si­ti­on polo­nai­se, les plan­tes et les pro­duits NGT ne dev­rai­ent être ni éti­que­tés ni tra­ça­bles. Le Par­le­ment euro­pé­en, en revan­che, se pro­non­ce expres­sé­ment en faveur des deux.

Pri­se de posi­ti­on de l’in­du­strie agri­co­le en faveur de la sup­pres­si­on de l’é­ti­que­ta­ge et de la tra­ça­bi­li­té

Fin avril, plu­sieurs repré­sen­tants de l’in­du­strie agri­co­le et ali­men­tai­re se sont expri­més sur le sujet. Dans leur pri­se de posi­ti­on, les 27 ent­re­pri­ses signa­tai­res (dont Euro­seeds et Copa-Coge­ca) deman­dent à l’UE de renon­cer à l’ob­li­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge et de tra­ça­bi­li­té.

Ils justi­fi­ent leur deman­de par l’i­dée fausse lar­ge­ment répan­due selon laquel­le les plan­tes NGT ne peu­vent être distin­guées des plan­tes natu­rel­les, et que l’é­ti­que­ta­ge et la tra­ça­bi­li­té ne sont donc ni néces­saires ni pos­si­bles. Une obli­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge et de tra­ça­bi­li­té pour les pro­duits issus de NGT ent­raî­nerait en out­re des coûts inju­sti­fi­és et des pro­blè­mes d’ap­pli­ca­ti­on, et serait dis­pro­por­ti­onnée, per­tur­ba­tri­ce pour le com­mer­ce et dis­cri­mi­na­toire.

L’ar­gu­ment de la dis­cri­mi­na­ti­on irri­te par­ti­cu­liè­re­ment la SAG. En effet, les signa­tai­res sont par­fai­te­ment con­sci­ents que de nombreux con­som­ma­teurs renon­cerai­ent déli­bé­ré­ment aux pro­duits issus des NGT s’ils étai­ent éti­que­tés. Mais au lieu de respec­ter ce sou­hait de trans­pa­rence, ils affir­ment qu’il y a un man­que de con­nais­sances sur la sécu­ri­té de ces pro­duits ou de com­pré­hen­si­on de la tech­no­lo­gie « pré­cise » qui les sous-tend. En exi­geant de ne pas intro­dui­re d’é­ti­que­ta­ge, ils cré­ent un man­que de trans­pa­rence, igno­rent déli­bé­ré­ment la volon­té des con­som­ma­teurs et les pri­vent sciem­ment de leur droit à une décis­i­on éclai­rée.

Cont­re-avis en faveur de la trans­pa­rence et de la pro­tec­tion de la pro­duc­tion sans OGM

En répon­se à cet­te pri­se de posi­ti­on, 49 orga­ni­sa­ti­ons et ent­re­pri­ses, dont des pro­duc­teurs de semen­ces bio­lo­gi­ques, des agri­cul­teurs, des opé­ra­teurs de chaî­nes d’ap­pro­vi­si­on­ne­ment, des orga­ni­sa­ti­ons de con­som­ma­teurs et des orga­ni­sa­ti­ons envi­ron­ne­men­ta­les, ont fait entendre leur voix. Dans leur cont­re-argu­men­ta­ti­on, ils cri­ti­quent les reven­dica­ti­ons de l’in­du­strie agri­co­le en invo­quant la pro­tec­tion du sec­teur ali­men­tai­re con­ven­ti­on­nel et bio­lo­gi­que sans OGM et la pro­tec­tion des con­som­ma­teurs.

Renon­cer à l’é­ti­que­ta­ge et à la tra­ça­bi­li­té pose­rait des défis majeurs au sec­teur sans OGM et pour­rait même men­acer son exi­stence. Sans éti­que­ta­ge ni tra­ça­bi­li­té, le ris­que de con­ta­mi­na­ti­on du sec­teur sans OGM aug­men­te. Tant lors de la cul­tu­re que lors de l’uti­li­sa­ti­on de machi­nes et pen­dant le trans­port, une con­ta­mi­na­ti­on invo­lon­tai­re par des semen­ces, des plan­tes et des pro­duits NGT pour­rait se pro­dui­re. Cela ent­raî­nerait d’é­nor­mes dom­mages éco­no­mi­ques et des pro­blè­mes juri­di­ques pour les explo­ita­ti­ons sans OGM. La tra­ça­bi­li­té et l’é­ti­que­ta­ge sont éga­le­ment néces­saires pour garan­tir la responsa­bi­li­té et l’ob­li­ga­ti­on de rend­re comp­te selon le prin­ci­pe du pol­lueur-payeur.

En out­re, l’ab­sence d’é­ti­que­ta­ge por­terait att­ein­te au droit des con­som­ma­teurs à la trans­pa­rence, à une décis­i­on éclai­rée et à la liber­té de choix. Cela serait con­trai­re au droit euro­pé­en, qui, d’u­ne part, stipu­le la pro­tec­tion et l’in­for­ma­ti­on des con­som­ma­teurs et, d’aut­re part, éta­blit la tra­ça­bi­li­té com­me une exi­gence fon­da­men­ta­le et juri­di­quement con­traignan­te.

Afin de garan­tir une tra­ça­bi­li­té et un éti­que­ta­ge fia­bles, les fab­ri­cants de plan­tes et de pro­duits NGT dev­rai­ent être tenus de publier la métho­de de détec­tion des modi­fi­ca­ti­ons géné­ti­ques effec­tuées.

Con­sé­quen­ces pos­si­bles sur la pro­duc­tion sans OGM en Suis­se

Bien que le pro­jet de loi suis­se sur la déré­gle­men­ta­ti­on des plan­tes issues des NGT soit un peu plus strict en matiè­re d’é­ti­que­ta­ge obli­ga­toire et de tra­ça­bi­li­té, sa sup­pres­si­on dans l’UE ent­raî­nerait éga­le­ment des pro­blè­mes et des incer­ti­tu­des pour le sec­teur sans OGM en Suis­se en rai­son de la lib­re cir­cula­ti­on des mar­chan­di­ses ent­re l’UE et la Suis­se.

La SAG se ral­lie aux reven­dica­ti­ons des signa­tai­res de la cont­re-avis. Seu­le une obli­ga­ti­on d’é­ti­que­ta­ge stric­te per­mettra de pro­té­ger la sélec­tion et l’ag­ri­cul­tu­re sans OGM et de fai­re respec­ter le droit des con­som­ma­teurs à la liber­té de choix. C’est pour­quoi la SAG sou­ti­ent l’initia­ti­ve pour la pro­tec­tion des den­rées ali­men­tai­res. Signez vous aus­si !

Articles actuels sur le sujet

Risques florissants – Le génie génétique menace les écosystèmes

Pommes de terre génétiquement modifiées : un projet controversé d’Agroscope en décalage avec les besoins suisses

Initiative « Pour des aliments sans OGM » déposée le 27 février 2026. Un signal fort en faveur de la liberté de choix et d’une évaluation rigoureuse des risques des nouvelles techniques de génie génétique

La présidence danoise fait pression pour la déréglementation des OGM dans l’UE

Je participe :

Les semences et les denrées alimentaires issues des nouvelles techniques génétiques pourraient bientôt être commercialisées sans étiquetage ni évaluation des risques. Qu'en pensez-vous ?

Afin de savoir ce qui se retrouve dans nos assiettes, nous recueillons des avis issus de la pratique.

Voici comment procéder :

  1. Téléchargez le questionnaire correspondant.
  2. Répondez à 1 à 3 questions.
  3. Envoyez-nous vos réponses, le nom de votre entreprise et une photo haute résolution par e-mail à info@stopogm.ch

Petit sondage destiné aux acteurs des secteurs suivants :

Vous pouvez également demander les questions sous forme de document Word : info@stopogm.ch

Nous publierons votre contribution sur notre page de campagne et la partagerons sur les réseaux sociaux. Aidez-nous à garantir la transparence, la liberté de choix et la durabilité ! Merci pour votre soutien.

Des questions ?

Envoyez un e-mail à info@stopogm.ch

Veranstaltung:

Zürich isst! Sichern Sie sich Ihr Ticket für unsere Filmvorführungen mit anschliessenden Podien!

Im September 2015 steht ganz Zürich im Zeichen von Ernährung, Umwelt und Genuss. «Zürich isst» bietet der Bevölkerung mit vielfältigen Veranstaltungen die Gelegenheit, sich mit Fragen einer nachhaltigen Ernährung auseinanderzusetzen. Zum Programm: www.zuerich-isst.ch. DIE ZUKUNFT PFLANZEN – BIO FÜR 9 MILLIARDEN       
23. September 2015, 18 bis 21.30, Riffraff Kino Zürich