(Image: Muffet / Wikimedia Commons)

Étude : les semences génétiquement modifiées augmentent l’utilisation de pesticides

Une étu­de publiée en avril 2025 par des cher­cheurs amé­ri­cains con­clut que l’utilisation de semen­ces géné­ti­quement modi­fi­ées (GM) ent­raî­ne, à long ter­me, une aug­men­ta­ti­on de l’usage des pesti­ci­des. L’analyse repo­se sur des don­nées couvrant 30 ans con­cer­nant des cul­tures GM tolé­ran­tes aux her­bici­des (soja, maïs, colza), com­plé­tées par une étu­de de cas empi­ri­que sur le coton Bt1 en Inde.

Une baisse initia­le sui­vie d’une hausse dura­ble

Si les cul­tures GM ont per­mis, dans un pre­mier temps, d’améliorer l’efficacité et de rédui­re l’utilisation de pesti­ci­des, ces effets ne se main­ti­en­nent pas à long ter­me. L’étude ne met en évi­dence ni dimi­nu­tion dura­ble de l’usage des pesti­ci­des ni recon­ver­si­on des ter­res vers des usa­ges non agri­co­les. Au con­trai­re, elle obser­ve une exten­si­on des sur­faces cul­ti­vées et une aug­men­ta­ti­on de l’emploi de pesti­ci­des, y com­pris de sub­stances dont l’utilisation était cen­sée dimi­n­uer grâ­ce aux plan­tes GM.

Des dyna­mi­ques simi­lai­res en Inde et aux États-Unis

En Inde, l’introduction du coton Bt a d’abord per­mis de rédui­re l’usage d’insecticides et les coûts de pro­duc­tion. Cepen­dant, cet effet s’est rapi­de­ment inver­sé. En 2018, les dépen­ses en pesti­ci­des des pro­duc­teurs de coton dépas­sai­ent de 37 % le niveau record de 2001, anté­ri­eur au coton Bt. Cet­te évo­lu­ti­on s’explique notam­ment par l’apparition de rési­stances chez les rava­ge­urs ciblés, la pro­li­fé­ra­ti­on de rava­ge­urs second­ai­res, ain­si que par l’expansion des mono­cul­tures de coton, for­te­ment con­som­ma­tri­ces de res­sour­ces (terre, eau, eng­rais).

Aux États-Unis, un sché­ma com­pa­ra­ble a été obser­vé avec les cul­tures GM tolé­ran­tes aux her­bici­des. L’usage du gly­pho­sa­te, initia­le­ment éco­no­mi­que et effi­cace, s’est géné­ra­li­sé à gran­de échel­le. La pro­por­ti­on de champs de soja trai­tés au gly­pho­sa­te est pas­sée de 15 % en 1994 à 87 % en 2018. L’émergence de mau­vai­ses her­bes rési­stan­tes a con­duit au déve­lo­p­pe­ment de nou­vel­les plan­tes GM tolé­ran­tes à des her­bici­des plus toxi­ques, ent­raînant une aug­men­ta­ti­on glo­ba­le de l’utilisation d’herbicides.

Le para­do­xe de Jevons et le « piè­ge de l’efficacité »

Les auteurs inter­prè­tent ces résul­tats à la lumiè­re du para­do­xe de Jevons, selon lequel les gains d’efficacité tech­no­lo­gi­que con­dui­sent, dans des systè­mes com­ple­xes, à une aug­men­ta­ti­on glo­ba­le de l’utilisation des res­sour­ces. En agri­cul­tu­re, les inno­va­tions tech­no­lo­gi­ques ne peu­vent être dis­so­ciées de leurs effets sur les dyna­mi­ques éco­no­mi­ques, éco­lo­gi­ques et socia­les. Les gains initi­aux d’efficacité favo­ri­sent l’intensification et l’expansion des cul­tures, ce qui annu­le à ter­me les béné­fices atten­dus et con­duit à une hausse des coûts et des intrants, notam­ment des pesti­ci­des. Ce méca­nis­me est qua­li­fié de « piè­ge de l’efficacité agri­co­le ».

Nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques, pro­blè­mes per­si­stants

Les nou­vel­les tech­ni­ques géné­ti­ques (NTG) se con­cent­rent fré­quem­ment sur des carac­tères de tolé­rance aux pesti­ci­des, tech­ni­quement plus simp­les à obte­nir. Or, leurs effets sys­té­mi­ques ne dif­fè­rent pas fon­da­men­ta­le­ment de ceux des anci­en­nes tech­ni­ques de génie géné­tique. Une pres­si­on de sélec­tion accrue favo­ri­se éga­le­ment le déve­lo­p­pe­ment de rési­stances chez les rava­ge­urs et les adven­ti­ces, avec des con­sé­quen­ces com­pa­ra­bles sur l’usage des pesti­ci­des et sur les plans socio-éco­no­mi­que et envi­ron­ne­men­tal.

Vers une appro­che sys­té­mi­que de l’agriculture

Les auteurs soulignent la néces­si­té d’une appro­che holi­stique pour trans­for­mer dura­blem­ent les systè­mes agri­co­les. L’évaluation iso­lée des inno­va­tions tech­no­lo­gi­ques est insuf­fi­san­te : seu­les des ana­ly­ses inté­grant les dimen­si­ons socia­les, éco­lo­gi­ques, éco­no­mi­ques et poli­ti­ques per­met­tent d’en appré­hen­der les effets réels. À long ter­me, la sta­bi­li­té, la diver­si­fi­ca­ti­on et la rési­li­ence des agroé­co­sy­stè­mes appa­rais­sent plus per­ti­nen­tes que la recher­che de gains d’efficacité à court ter­me fon­dés sur des solu­ti­ons tech­no­lo­gi­ques.

 

Sources :

https://gmwatch.org/en/106-news/latest-news/20553-gm-crops-fuel-rise-in-pesticide-use-despite-early-promises-study-shows

Flachs, A., Stone, G. D., Hal­lett, S., & Kran­thi, K. R. (2025). Les cul­tures géné­ti­quement modi­fi­ées et le para­do­xe de Jevons : inno­va­ti­on induite, effets sys­té­mi­ques et aug­men­ta­ti­on net­te de l’uti­li­sa­ti­on de pesti­ci­des due aux cul­tures à fai­ble teneur en pesti­ci­des. Jour­nal of Agra­ri­an Chan­ge, https://www.researchgate.net/publication/390797835_GM_Crops_and_the_Jevons_Paradox_Induced_Innovation_Systemic_Effects_and_Net_Pesticide_Increases_From_Pesticide-Decreasing_Crops

 

1 « Coton Bt »

Le coton Bt est une varié­té de coton géné­ti­quement modi­fié. Un gène de la bac­té­rie Bacil­lus thu­rin­gi­en­sis (Bt), qui pro­duit une toxi­ne, a été intro­duit dans la plan­te de coton. Ce poi­son est cen­sé tuer les lar­ves du ver de la cap­su­le du coton qui ron­gent la plan­te. Cepen­dant, le ver de la cap­su­le du coton est désor­mais rési­stant à cet­te toxi­ne dans de nombreu­ses régions.

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